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 »  Le Soufisme: Tassawwouf  


III - QUELLES SONT LES PREUVES SUR LE TASSAWWOUF A PARTIR DES HADITHS?

Comme nous l’avons dit dans les paragraphes antérieurs, le terme tassawwouf est un terme technique qui a pris ses origines à travers les sens variés que nous avons cités dans la première et seconde réponse. Il a ses racines profondes dans la Sunna du Prophète, dans la mesure où son origine est l’ihsan, l’état d’Excellence qui est mentionné dans le hadith de Jibril, hadith qui est connu par tous les savants comme «la source de la Sunna et de tous les hadiths» (oumm al-Sunna wa oumm al-ahadith).

Oumm al-Ahadith, Le Hadith De Jibril

Oumar – qu’Allah lui accorde Sa satisfaction – dit aussi: «Pendant que nous étions assis un jour avec le Messager d’Allah – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – soudain un homme vint à nous. Il était habillé d’un vêtement excessivement blanc. Ses cheveux étaient très noir. Il n’y avait pas de signe de voyage sur cette personne. Aucun d’entre nous ne le connaissait. Il alla s’asseoir en face du Prophète – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – appuyant ses genoux contre les genoux du Prophète et ses mains sur ses jambes.

Il dit: «O Muhammad! Informe-moi au sujet de l’Islam.» Le Messager d’Allah – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – dit: «L’Islam est le témoignage qu’il y n’a de Dieu qu’Allah, et que Muhammad est le Messager d’Allah; de faire la prière; de payer la zakat; de jeûner pendant le mois du Ramadan; et d’effectuer le pèlerinage à la (maison d’Allah) si tu as les moyens de t’y rendre.» L’homme dit: «Tu as dit la vérité.» Nous étions surpris de lui: comment peut-il être en train de poser des questions au Prophète – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – et en même temps confirmer ses réponses? Ensuite il dit: «Parle-moi au sujet de la Foi.» Le Prophète – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – dit: «La Foi est de croire en Allah, Ses anges, Ses livres, Ses messagers, au Jour du Jugement, et de croire en la prédestination, le bon et le mal.» L’homme dit: «Tu as dit la vérité. Maintenant, parle-moi au sujet de l’Ihsan (l'excellence).» Le Prophète – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – répondit: «L’Ihsan est d’adorer Allah comme si tu Le vois, car si tu ne Le vois pas, certainement Il te voit.»

L’homme dit: «Maintenant informe-moi au sujet de l’Heure.» Le Prophète – la bénédiction et le salut d’Allah sur lui – dit: «Celui qui est questionné n’en sait pas plus que celui qui questionne.» Il dit: «Ainsi parle-moi au sujet de ses signes.» Il répondit: «La fille-esclave donnera naissance à ses maîtresses, et tu verras les va-nu-pieds, pauvres bergers construire de grands buildings.» Alors il s’en alla et le temps s’écoula. Longtemps après il me dit: «O `Oumar, sais-tu qui posait ces questions?» Je dis: «Allah et Son Messager savent mieux.» Il dit: «Il n’était rien d’autre que Gabriel. Il était venu vous enseigner votre religion.» Rapporté par Mouslim.

Dans ce hadith, Jibril a divisé la Religion en trois catégories ou branches, à partir desquelles toute la religion, tous les hadiths et toute la Sunna dérivent. Et, il précisa chaque branche en posant chaque question séparément. La première branche était au sujet de la question «Qu’est-ce l’Islam?», la seconde était au sujet de la question «Qu’est-ce l’Iman?», et la troisième était au sujet «Qu’est-ce l’Ihsan?» Nous ne pouvons pas dire que la Religion est seulement l’Islam, ou seulement l’Iman ou seulement l’Ihsan. Nous disons que chaque branche est essentielle à la Religion, et ne peut pas être séparée. Le Prophète, dans ses réponses à ces questions confirma ceci et dit à ses Compagnons après que Jibril soit parti, «Jibril était venu vous enseigner votre religion.»

Nous voyons à partir de ce hadith de Jibril qu’il catégorisa la religion en trois piliers ou composantes essentielles. Le premier est le pilier de l’Islam. Le deuxième est le pilier de l’Iman et le troisième est le pilier d’Ihsan. Le premier pilier est le côté pratique de la religion, comprenant l’adoration, les actions et autres obligations. L’état de ce pilier est le côté externe du soi, qui a attrait au corps et à la communauté. Les savants appellent celui-ci la Chari`a. Les savants sont spécialisés en cette science et elle fut nommée «Science de la Jurisprudence» (`ilm al-fiqh). Le second pilier consiste en la croyance à travers l’esprit et le cœur. Cela signifie croire en Allah, en Ses Messagers, Ses Livres, les Anges, le Jour du Jugement, et le Destin. Et ceci fut connu par les savants comme `ilm al-tawhid. Le troisième pilier est le principal sujet du tassawwouf.

La troisième composante de la Religion De L’Islam:
Ihsan (La Perfection Du Caractère)

Le troisième aspect de la Religion est connu comme l’aspect spirituel du cœur, qui combine avec le premier pilier, l’adoration, et le deuxième pilier, la croyance, amène l’individu à être conscient d’être en présence d’Allah dans toutes ses actions et pensées comme s’il Le voyait. Et s’il ne peut Le voir – parce que personne ne peut Le voir dans cette vie -- alors, il doit garder la permanence de la présence d’Allah dans son cœur, sachant qu’Il est présent dans chaque atome et chaque particule de son adoration et de sa croyance – voilà, les états et qualités de son adoration et sa croyance. En conséquence, cela produira en lui un état d’excellence, un état de haute qualité, en ayant à l’esprit la présence de la vision d’Allah sur lui et en ressentant le plaisir spirituel et la lumière de la connaissance qu’Allah dirigera à son cœur en guise de Sa faveur et de Sa gratitude. Voilà ce que les savants ont nommé la Science de la Vérité ou `ilm al-haqiqa, connue dans le temps des Compagnons comme al-siddiqiyya ou la voie des saints véridiques. C’est plus tard qu’il fut connu sous le nom de tassawwouf.

Nous pouvons résumer les définitions précédentes en disant que l’islam prescrit les comportements du Musulman, l’iman décrit ses croyances et les définit, et l’ihsan se réfère à l’état du coeur qui détermine si l’Islam et l’Ihsan de l’un portera fruit dans cette vie ou dans celle de l’au-delà. L’évidence de ceci est rapporté dans Boukhari dans le hadith mentionné dans les paragraphes précédents: «Sûrement il y a un morceau de chair dans le corps, s’il est bon tout le corps est bon et s’il est corrompu tout le corps est corrompu et c’est le cœur.»





DIN                          {   al islam

 

  • chahada
  • salat
  • zakat
  • sawm
  • hajj
 




AL                          {    al iman
  • billah
  • wa mala'ikatihi
  • wa koutoubihi
  • wa roussoulihi
  • wa al-qadar khayrihi wa charrihi
  • wa al-yawmi al-akhir


                                          an tabouda- Allah
ISLAM                        {  ka-annaka tarah

                  ihsan
  • taqwa
  • wara’
  • zouhd
  • khouchou
  • khoudou
  • sabr
  • tawba
  • rahma
  • karam
  • hilm
 


Ihsan
est divisé en plusieurs parties comprenant toutes les bonnes caractéristiques et qualités du croyant telles que taqwa (la crainte d’Allah), wara' (la peur scrupuleuse d’Allah), zouhd (l’ascétisme), khoushou (la révérence), khoudou (l’humilité), sabr (la patience), sidq (la franchise), tawakkoul (la confiance), adab (les bonnes manières), tawba (le repentir), inaba (le retour à Allah), hilm (l’indulgence), rahma (la compassion), karam (la générosité), tawadou' (l’humilité), haya (la modestie), chaja`a (le courage), etc..

Toutes ces qualités sont celles du Prophète , et le caractère du Prophète est le Coran, selon le dire d’Aïcha «Son caractère était le Coran.»[24] Le Prophète à son tour revêtit ses Compagnons avec ces qualités si bien qu’ils devinrent de parfaits et de brillants exemples pour l’humanité à savoir comment les êtres humains devraient vivre en parfaite harmonie avec le Créateur et entre eux.

Dans son explication de ce hadith, l’Imam Nawawi parle de l’Ihsan sous les termes de maqam al-mouchahada (la station de l’expérience) et maqam al-siddiqin (la station des Saints les plus véridiques) qui sont des branches du tassawwouf. Le texte complet du commentaire sur le hadith de Jibril par l’Imam Nawawi est le suivant.


LE COMMENTAIRE DE L’IMAM NAWAWI SUR LE HADITH DE JIBRIL


«Parle-moi au sujet de la foi (iman).»

L’Iman, lexiquemment parlé, signifie une conviction de nature générale. Légalement, c’est une expression pour une conviction spécifique dans la croyance en Allah, Ses anges, Ses livres, Ses messagers, le jour dernier, et tout ce qui est décrété, le bon et le mal. Islam est un mot signifiant la performance des obligations légales. Celles-là sont les actions externes que l’on applique à soi-même.

Allah Le plus Exalté a fait une différence entre la foi (iman) et la soumission et ceci est aussi mentionné dans le hadith. Il dit: «Les Arabes disent: «Nous avons la foi.» Dit: «Vous n’avez pas encore la foi. Dites plutôt: Nous sommes simplement soumis» (49:14). Ceci est parce que les hypocrites priaient, jeûnaient, et payaient l’aumône légale cependant ils niaient dans leur cœur. Lorsqu’ils prétendaient avoir la foi, Allah déclara leur revendication de mensonge à cause du refus dans leur cœur, mais Il confirma leur revendication de soumission à cause de leur accomplissement des devoirs.

Allah dit: «Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent: «Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah,» Allah sait que tu es vraiment Son Messager, et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs» (63:1). Ils sont menteurs dans leur revendication d’attestation au message puisque leurs cœurs le nient. Les mots de leur bouche ne sont pas en accord avec le contenu de leurs cœurs, alors que la condition de l’attestation au message est que la langue confirme ce que contient le cœur. Lorsqu’ils mentaient dans leur revendication, Allah exposait leur mensonge.

Puisque la foi est aussi une condition pour la validité de la soumision, Allah l’Exalté différencie le soumis (musulman) du croyant (mou'min) en disant: «Nous avons donc fait sortir ce qu’il y avait comme croyants, mais Nous n’y avons trouvé qu’une maison de gens soumis» (51:35-36). Cette distinction lie la croyance et la soumission comme étant une condition et son exécution.

Pour finir, Allah désigna la prière par le nom de "foi" lorqu’Il dit: «Et ce n’est pas l’objectif d’Allah de vous faire perdre votre foi» (2:143) et «Tu n’avais aucune connaissance du Livre ni de la Foi» (42:52). Il parle de la prière.

«Et de croire en ce qui a été décrété (qadar), le bien et le mal.»

Le mot est prononcé de deux manière; qadar et qadr.

La voie des Gens de La Vérité (c’est-à-dire Ahl al-Sunna wa al-Jama`a) est de fermement croire au décret d’Allah. Le sens de ceci est qu’Allah – Glorifié et Exalté soit-Il – a décrété les choses depuis la pré-éternité et qu’Il – Glorifié et Exalté soit-Il – sait qu’elles se manifesteront aux temps qui sont connus de Lui; et elles se dérouleront exactement selon ce qu’Il a décrété – Gorifié et Exalté soit-Il!

Sache qu’il y a quatre sortes de décrets:

1. Le décret dans la Prescience Divine. Il est dit à son sujet: L’affection (`inaya) devant l’amitié (milaya), le plaisir avant la naissance, et la moisson se poursuit dès les premiers fruits. Allah l’Exalté dit: «Est détourné de lui quiconque a été fait pour être détourné» (51:9). En d’autres mots, l’un est détourné d’entendre le Coran et de croire dans ce monde celui qui a été détourné d’eux dans la pré-éternité.»[25]

2. Le décret sur la Tablette Protégée. Un tel décret peut être changé. Allah: «Allah efface ce qu’Il veut, et Il confirme ce qu’Il veut, et l’Ecriture Mère est auprès de Lui» (13:39). Nous savons qu’Ibn `Oumar avait l’habitude de dire dans ses invocations: «O Allah, si Tu as prédestiné des difficultés pour moi, efface-les et écrit de la félicité pour moi.»

3. Le décret dans la matrice concernant ce que l’ange est ordonné d’écrire au sujet de la subsistance et le terme de la vie de l’un, et s’il sera malheureux ou prospère.

4. Le décret qui consiste à rejoindre des choses spécifiques pré-établies au moment où elles doivent se dérouler, car Allah l’Exalté a créé à la fois le bien et le mal et a ordonné qu’ils atteignent Ses serviteurs au temps désigné par Lui.

Il est évident qu’Allah Tout -Puissant créa à la fois le bien et le mal puisqu’Il dit: «Les criminels sont certes dans l’égarement et la folie. Le jour où on les traînera dans le feu sur leur visage on leur dira: "Goûtez au contact de l’enfer Sakar." Oui! Nous avons créé toute chose avec mesure (qadar)» (54:47-49). Ce verset fut révélé concernant les partisants du libre arbitre absolu ou Qadariyya à qui on a dit: «Votre croyance est en enfer.»

Comme évidence supplémentaire de ce qui a été décrété , l’Exalté dit: «Dis: Je cherche refuge auprès du Seigneur du couperet contre le mal qu’Il a créé» (113:1-2). La lecture de ce serment au moment où quelque chose de bien arrive au serviteur d’Allah repoussera le mal avant qu’il l’atteigne. Il y a aussi dans le hadith: «Les bonnes actions et renforcer les liens familiaux évitent une mort terrible et éventuellement la change en une bonne» [26]; «L’invocation et l’affliction sont suspendues entre le ciel et la terre, vivante, et l’invocation repousse l’affliction avant qu’elle ne descende.»[27]

Les partisans du libre arbitre absolu [les Mou`tazila] prétendent qu’Allah l’Exalté n’a prédestiné aucune chose, que Sa connaissance ne les précède pas, qu’elles commencent à exister seulement lorsqu’elles se déroulent et que c’est à ce moment seulement qu’Il – Exalté soit-Il – les connait. Ils mentent au sujet d’Allah. -Exalté soit-Il -Il est très haut, au-dessus de leur propos mensonger. Ils rentrèrent dans l’obscurantisme.

Plus tard les Qadariyya disent que le bien provient d’Allah pendant que le mal provient de quelqu’un d'autre que Lui. Allah est aussi Exalté haut au-dessus d’une telle déclaration. Dans un hadith authentiquement rigoureux, le Prophète dit: «Les croyants au libre arbitre absolu sont les Zoroastriens de cette Communauté.»[28] Il les nomma Zoroastriens parce que leur école de pensée ressemble à celle du dualisme Zoroastrien. Les Dualistes prétendent que le bien est effectué par la lumière et le mal par l’obscurité, et c’est ainsi qu’ils méritèrent ce nom. Similairement, les partisants du libre arbitre absolu attribuent le bien à Allah et le mal à quelqu'un d’autre que Lui– Exalté soit- Il –Il est le Créateur à la fois du bien et du mal.

L’Imam des Deux Sanctuaires[29] dit dans le "Livre de Guidance aux Preuves Définitives Concernant les Fondations de la Coyance"[30] que certains des Qadariyya disent: «Ce n’est pas nous, mais vous (Ahl al-Sunna) qui êtes les Qadariyya à cause de votre croyance au soit disant Décret.» Jouwayni répondit à ces ignares qu’ils se sont attribués le pouvoir du décret, et quiconque revendique, par exemple, le pouvoir du mal et se l’attribue, mérite son attribut, plutôt que celui qui l’attribue à d’autres qu’à lui-même et nie toute paternité à son sujet.

«Informe-moi au sujet de l’ihsan.» Il dit: «L’ihsan c’est l ‘adoration d’ Allah comme si tu Le voyais.»

Ceci est la station de la Vrai Vision (maqam al-mouchahada). Quiconque est capable de voir directement le Roi répugne à se tourner vers d’autres que Lui dans la prière et à affairer son cœur avec d’autres que Lui.

La Station d’ihsan est la Station des Saints les Plus Véridiques (maqam al-siddiqin) à laquelle nous avons fait référence dans notre commentaire sur le hadith de l’intention (Les actions sont selon leurs intentions):

[Al-Mouhassibi dit: «La véracité (sidq) en tant qu’attribut d’un serviteur d’Allah, signifie la constance dans le comportement visible et caché d’une personne, en privé comme en public. La véracité est réalisée après la réalisation de toutes les stations (maqamat) et états (ahwal). Même la sincérité (ikhlas) a besoin de la véracité, alors que la véracité n’a besoin de rien, parce que quoique la réelle sincérité est de chercher Allah à travers l’obéissance, on peut chercher Allah en priant et toujours être insouciant ou absent en son propre cœur en cours de prière. La véracité est ainsi chercher Allah au moyen de l’adoration avec une complète présence du cœur devant Lui. En vérité tout véridique (sadiq) est sincère (moukhlis), pendant que tout sincère n’est pas véridique. Ceci est la signification de connection (ittissal) et déconnection (infissil): le véridique s’est déconnecté de tout ce qui est autre qu’Allah (ma siwa Allah) et il s’est empressé en la présence auprès d’Allah (al-houdour billah). Ceci est aussi le sens de la renonciation (takhalli) de tout ce qui est autre qu’Allah et l’auto-revêtement (tahalli) avec la présence auprès d’Allah, Le Glorifié, L’Exalté.»]

«Il te voit certainement».

Il voit ton insouciance si tu es insouciant pendant la prière et que tu converses avec ton moi.

«Informe-moi au sujet de l’Heure.» Il répondit: «Celui qui est interrogé n’en sait pas plus sur elle que celui qui l’interroge.»

Cette question indique que le Prophète – le salut et la paix d’Allah sur lui – ne connaissait pas l’Heure. La connaissance de l’Heure est parmi les choses dont Allah s’est réservé la connaissance. Il dit: «La connaissance de l’Heure est auprès d’Allah» et «C’est lourd dans les cieux et sur la terre, et elle ne viendra à vous que soudainement» (7:187) et «Qu’en sais-tu? Il se peut que l’Heure soit proche» (33:63, 42:17).

En ce qui concerne ceux qui prétendent que l’âge de ce monde est de 70000 ans et qu’il en reste 63000, c’est une fausse déclaration rapportée par al-Tawkhani dans les «Causes de la Révélation» par certains astrologues et mathématiciens. Encore, quiconque prétend que le terme du monde est de 7000 années, fait une affirmaton audacieuse au sujet de l’Inconnu, et ce n’est pas permis d’y croire.

«Informe-moi au sujet de ses signes.» Il répondit: «Quand la fille-esclave donnera naissance à sa propre maîtresse.»

Une autre version dit: «à son maître.» La plupart des commentateurs disent que ceci est un signe de multiplicité des filles-esclaves et leurs progénitures. Un enfant né d’un maître de fille-esclave est comme son maître, parce que les possessions du proprétaire vont à ses enfants. Certains disent que la signification se réfère aux filles-esclaves donnant naissance à des rois. La mère tombera alors sous la souveraineté de son fils. Une autre signification est qu’une personne peut avoir un fils avec une fille-esclave avant de la vendre; ensuite le fils grandit et achète sa propre mère. Ceci est une des conditions de l’Heure.

«Quand tu verras les va-nu-pieds, les déguenillés, les pauvres gardiens de bêtes rivalisant les uns les autres dans la construction de grands buildings.»

Cela signifie que les Bédoins qui vivent dans le désert et leurs semblables parmi les parvenus et les pauvres deviendront des experts dans l’érection de grandes structures. Le monde leur sera généreux et ils finiront par vivre dans le luxe avec leurs buildings.

«Et il (le Prophète) attendit [labitha] longtemps.»

Les rapports disent aussi: «J’attendis [labithou] longtemps.» Les deux sont fiables. Dans la narration d’Abou Dawoud et de Timidhi, `Oumar dit: «Après trois jours.» Dans le Charh al-Tanbih de Baghawi, il est rapporté: «Après trois jours ou plus,» ce qui apparemment signifie après que trois nuits soient passées. Tout ceci apparemment contredit la version d’Abou Hourayra dans sa narration (dans Boukhari): «L’homme se leva et parti, après lequel le Messager d’Allah dit – la paix et le salut d’Allah sur lui: «Ramenez-moi cette personne» et ils le cherchèrent pour le ramener, mais ils ne trouvèrent personne. Alors il dit—la paix et le salut d’Allah sur lui: «C’était Gabriel.»»

Il est possible de réconcillier les deux versions de l’évènement en considérant qu’Oumar n’a peut être pas été présent au moment de la révélation du Prophète – la paix et le salut d’Allah sur lui –qu’il s’était levé et avait pris congé du groupe à ce moment-là. Ainsi le Prophète fit juste sa révélation à ceux qui furent présents, et ils informèrent `Oumar à leur tour après trois jours, puisqu’il n’avait pas été présent au moment où le reste des Compagnons avaient été informés.

«C’était Gabriel. Il était venu vous enseigner les prescriptions de votre religion.»

Il y a une indication dans cette déclaration que l’islam, l’iman, et l’ihsan sont ensembles nommés «religion» (din).

Le hadith démontre que la croyance au décret d’Allah est une obligation, et que l’on doit éviter les choses interdites, et que le contentement avec ce qui advient est une obligation.

Un homme vint à Ahmad ibn Hanbal – qu’Allah soit satisfait de lui – et dit: «Donne-moi des conseils»: Il lui dit:

«Si Allah l’Exalté S’est approprié la provision de toutes les subsistances, pourquoi t’inquiètes-tu? Si en vérité la compensation pour toutes les choses appartiennent à Allah, pourquoi être mesquin? Si en vérité il y a un Paradis, pourquoi ne pas s’appaiser maintenant? Si en vérité il y a un Feu, pourquoi désobéir? Si le questionnement de Mounkar et de Nakir est vrai, qu’est-ce qui est bon de se tenir en compagnie des humains?[31] Si le monde est destiné à une instinction, quelle paix d’esprit y a-t’il? Si en vérité il y a un compte à rendre, à quoi servent les possessions? Et si toutes les choses sont mesurées et décrétées à passer, pourquoi avoir peur?»

L’auteur de Maqamat al-`oulama (Les stations des érudits)[32] mentionne que le monde est divisé en 25 parties:

  • Cinq ont rapport à ce qui est mesuré et décrété à se produire: la subsistance, les enfants, les parents, le pouvoir, et l’âge;
  • Cinq ont rapport à l’effort personnel (ijtihad): le paradis, l’enfer, la décence, la galanterie, et l’écriture;
  • Cinq ont rapport à l’habitude: manger, dormir, marcher, l’accouplement, et se soulager des excréments;
  • Cinq ont rapport à la constitution naturelle: l’abstinence, la pureté, l’altruisme, la beauté, et la dignité;
  • Cinq ont rapport à l’héritage: la richesse, les relations, l’indulgence, la vérité, et la loyauté.

Aucun des éléments ci-dessus cités ne contredit le dire du Prophète – la paix et le salut d’Allah sur lui – où il dit «Toute chose est mesurée et destinée à passer.»[33] Au contraire, cela veut dire que certaines de ces choses sont déterminées par des causes (secondaires), tandis que d’autres ne le sont pas, et toute chose est destinée mesurée et destinée à passer.

L’école d ’Ihsan et de Tazkiya

L’école à laquelle les Compagnons furent formés n’a pas péri après la mort du Prophète. Au contraire, les méthodes et la connaissance, dont Il était doté, furent transmises à ses Compagnons – qu’Allah soit satisfait d’eux – et chacune était une école à partir de laquelle la Umma dériva ses enseignements. Avec le passage du temps, ces écoles développèrent et formalisèrent leurs méthodes et créèrent une science distincte nommée la Science de tassawwouf. Tout comme les écoles de Chari`a se formèrent au cours des trois premiers siècles de l’Islam, de même de distinctes et visibles écoles de tassawwouf passèrent la connaisance et science aux générations successives de Musulmans. Et comme la Chari`a ne se développa pas en dehors du cadre de l’Islam, du Coran et de la Sunna, même si ses branches et son contenu couvrent plusieurs éléments non mentionnés verbalement dans ces sources, de même le tassawwouf se développa basé sur la structure établie par le Livre et la Sunna et jamais ne déborda des limites de ces paramètres.

La Relation Entre Chari`a Et Haqiqa

Le nom de «Science de Réalité» ou `ilm al-haqiqa est souvent attribué au tassawwouf. L’Imam Ahmad dit après avoir entendu al-Harith al-Mouhassibi parlé: «Je n’ai jamais entendu à propos de la Science des Réalités (`ilm al-haqa`iq) des mots comme ceux prononcés par cet homme.»[34] Le sens de cette expression est que la réalité de l’adoration du servant consiste en la condition spirituelle du cœur, pendant que la performance de son adoration consiste à remplir légalement ses obligations externes. Cette dernière, l’ensemble des obligations externes, est l’objet de la Chari`a et ses ramifications sont nombreuses tandis que la première, la réalité de l’adoration, est le sujet du haqiqa dont les ramifications sont très peu nombreuses.

Un exemple de ces deux aspects est illustré par la prière. Il est obligatoire d'accomplir la prière avec tous ses mouvements, ses règles essentielles, selon les stipulations de la Chari`a. Ceci est connu comme jassad al-salat ou le «corps de la prière.» Cependant, l’un des principes essentiels de la prière est de garder son cœur en la présence Divine d’Allah et de savoir qu’Il nous observe au cours de la prière. Ceci nous donne la Réalité et l’Essence de la prière. Nous savons que les gens peuvent exercer toutes les actions extérieurs essentielles (visibles) de la prière, mais leur cœur peut ne pas y être présent. Ce que l’état d’ihsan défini est de garder le cœur pur et propre de toute sorte de mauvaises pensées et attachements aux distractions de ce monde. Ceci fut la pratique du Prophète parce qu’il dit qu’il était venu pour détourner les gens de l’attraction de ce monde et de ses distractions.

Nous voyons dans cette comparaison que la forme de la salat est son corps, pendant que l’humilité et l’auto-effacement (khouchou') est son âme. Quel est ainsi le bénéfice du corps sans son âme? Si la prière est un mouvement sans présence d’esprit, alors l’action est similaire à celle d’un robot. Autant l’âme a besoin d’un corps pour y vivre, autant le corps a besoin d’une âme pour lui donner vie. Similairement la relation entre Chari`a et Haqiqa est comme la relation entre le corps et l’âme. Le croyant parfait qui a atteind l’état d’ihsan est celui qui peut joindre les deux.

Une autre expression pour cette distinction fût donné par le Prophète dans l’un de ses hadiths :

La connaissance est de deux sortes: la connaissance établie dans le cœur et la connaissance établie sur la langue.[35]

Al-`Izz ibn `Abd al-Salam al-Maqdissi (à ne pas confondre à Cheick al-Islam al-Soulami) expliqua cette différence entre Chari`a et Haqiqa dans son essai sur le tassawwouf intitulé Hall al-roumouz wa mafatih al-koumouz (Le dévoilement des symboles et les clefs des trésors):

La connaissance est de deux sortes: la connaissance extérieure (`ilm al-zahir) qui s’applique à la Chari`a, et la connaissance intérieure (`ilm al-batin) qui s’applique au Haqiqa. Le Prophète dit: La connaissance est de deux sortes…[36]

L’Imam al-Shafi`i fit allusion à la même distinction dans son dire: «La connaissance est de deux sortes: la connaissance des croyances et la connaissance des corps.» Souyouti le relata dans l’introduction de son livre al-Tibb al-nabawi.[37]

Ceci est la compréhension essentielle du tassawwuf – combiner Chari`a et Haqiqa, l’âme et le corps, l’externe et l’interne. A cause de la grande difficulté d’accomplir cet objectif, les méthodes du tassawwuf sont souvent appelées guerre spirituelle ou jihad al-nafs.

Le Grand Jihad: Le Jihad Contre L’Ego.
(Jihad Al-Nafs)

Allah déclare dans le Coran qu’Il accepte les actions de dévotions seulement de ceux qui se purifient (qad aflaha man zakkaha 91:9 ), qui ont un cœur sain (illa man ata Allaha bi qalbin salim 26:89), et qui montre un esprit humble (innaha lakabiratoun illa `ala al-khchi`in 2:45). La purification de l’Intention est l’idée majeure de ces versets. Ceci est la raison pour laquelle les grands savants tels que Boukhari, Chafi`i, Nawawi et autres, commencèrent leurs livres de fiqh avec le hadith de l’intention: «Les actions sont jugées selon l’intention.»

Un acte considéré du point de vue externe comme un acte d’adoration mais performé sans une pure intention n’est pas considéré comme une adoration, même combattre et mourir pour la défense des Musulmans. Le Prophète dit au sujet d’un tel combattant, «c’est un compagnon du feu», et ils sont appelés dans la Chari`a: chahid al-fassad (martyr corrompu). C’était un mounafiq (quelqu’un qui dissimule la croyance) de Madina. Ainsi la purification de l’intention est nécessaire pour les cinq piliers de l’Islam. C’est dans ce sens – la purification de l’intention – que l’expression jihad al-akbar (le plus grand jihad) est souvent utilisée en référence à l’auto-purification et c’est aussi dans ce sens que sa supériorité s’affirme.

Ibn Qayyim al-Jawziyya dit dans al-Fawa`id:

Allah dit: «Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers» (29:69). Il a ainsi défini la direction du jihad. Partant de là, les meilleurs sont ceux qui luttent le plus pour Sa cause, et la jihad la plus importante est le jihad (afrad al-jihad) contre l’égo, le jihad contre les désirs, le jihad contre satan et le jihad contre le bas-monde (jihad al-nafs wa jihad al-hawa wa jihad al-satan wa jihad al-dunya). Quiconque lutte contre ces quatre jihads, Allah les guidera aux voies de Son bon plaisir qui conduit à Son Paradis, et quiconque abandonne le jihad, alors il renonce à être guidé en proportion de son abandon au jihad.

Al-Jounayd dit: «Ceux qui luttent contre leurs désirs et se repentent par notre amour, nous les guiderons sur la voie de la sincérité, et on ne peut lutter contre son ennemi extérieurement (c’est-à-dire avec le sabre) sauf celui qui lutte contre ses ennemis internes. Ainsi quiconque a la victoire sur eux (le moi) sera victorieux sur ses ennemis, et quiconque est défait par eux (le moi) sera défait par son ennemi.»[38]

La concurrence et la rivalité sont permises dans l’excellence de l’adoration. Dans ce respect, Allah établit dans Son Livre des niveaux entre les croyants, et ceci est aussi clarifié par d’innombrables hadiths. La récompense de la jihad est immense comme cela est prouvé par le hadith du Prophète lorsqu’il dit que s’il pouvait , il aurait demandé à Allah de le ramener en vie afin qu’il puisse retourner combattre et mourir plusieurs fois en chahid ou martyr. Mais toujours est-il qu’avec respect pour la présente issue, ceux qui se souviennent d’Allah – y compris les parfaits savants qui sont les réels connaisseurs d’Allah – sont supérieurs au moujahidin. Par exemple, quoique Zayd ibn Haritha et Khalid ibn Walid furent de grands généraux, leur disparution fut moins lourde, en terme de perte pour les Musulmans, que celle d’Abou Moussa al-Ach`ari ou d’Ibn `Abbas. Pour cette raison, le Prophète déclara explicitement la supériorité de ceux qui se souviennent d’Allah dans les deux authentiques hadiths suivants.

Le Prophète dit: «Voulez-vous que je vous dise quelles sont vos meilleures œuvres, quelles sont celles qui sont les plus pures et les plus cotées auprès de votre Seigneur, celles qui élèvent très haut votre degré, celles qui vous rapportent plus de salaire que de dépenser votre or et votre argent au service d’Allah ou prendre part à la jihad en tuant ou en se faisant tuer dans la voie d’Allah?» Ils dirent: «Nous voulons bien.» Il dit: «C’est l’invocation d’Allah.»[39]

Il dit aussi: «Même si quelqu’un frappe les mécréants et les idolâtres avec son sabre jusqu’à ce qu’il les brise, et meurt teinté complètement par leur sang, les invocateurs d’Allah lui sont supérieurs d’un degré.»[40]

Hadiths sur le Jihad contre L’Ego

Le savant de hadiths Moulla `Ali al-Qari dans son livre al-Mawdou`at al-koubra connu aussi sous le nom al-Asrar al-marfou`a dit:

Souyouti dit: al-Khatib al-Baghdadi rapporte dans son livre «Histoire» sur l’autorité de Jabir: Le Prophète revint de l’une de ses batailles et dit: «Vous avez avancé de la meilleure manière: vous êtes revenu du plus petit jihad au plus grand jihad.» Ils disent: «Et quelle est le plus grand jihad?» Il répondit: «Le combat (moujahadat) des serviteurs d’Allah contre leurs vains désirs.»

Ibn Hajar al-`Asqalani dit dans Tasdid al-qaws: «Ce dire est répandu et c’est un dire rapporté par ibn Ablah selon Nisa`i dans al-Kouna. Ghazali le mentionne dans le Ihya' et al-`Iraqi dit que Bayhaqi le rapporte sur l’autorité de jabir et dit: Il y a une faiblesse dans sa transmission.»[41]

Le hafiz Ibn Abou Jammal al-Azdi al-Andalousi (d.695) dit dans son commentaire sur Boukhari intitulé Bahjat al-noufous:

`Oumar rapporte qu’un homme vint au Prophète lui demander la permission d’aller en jihad. Le prophète lui demanda: «Tes parents sont-ils en vie?» Il dit qu’ils le sont. Le Prophète répliqua: « Alors force-toi à respecter leurs droits» (fihima fa jahid)… Il y a dans ce hadith l’évidence que la Sunna pour entrer dans la voie et d’entreprendre l’auto-discipline est d’agir sous la direction d’un expert, afin qu’il nous soit montré la meilleure voie celle qui nous convient, et la plus fiable pour l ‘aspirant. Car lorsque ce Compagnon désira aller en jihad, il ne se contenta pas de sa propre opinion sur le sujet, mais il chercha le conseil de quelqu’un plus savant et de plus expert que lui. Si ceci est le cas pour le Petit jihad, qu’en est-il alors pour le Grand jihad?[42]

Ibn Hibban rapporte dans son Sahih de la part de Fadala ibn Oubayd:

Le Prophète dit dans son dernier pèlerinage: «… Le moujahid est celui qui est en jihad contre lui-même (jahada nafsah) afin d ‘obéir à Allah par amour.»[43]

Al-Haytami relata la version suivante dans le chapitre sur leJihad al-nafs dans son Majma' al-zawa`id et la déclara fiable:

Le plus fort n’est pas celui qui triomphe des autres, le plus fort est celui qui triomphe de son égo (ghalaba nafsah).

Jihad et Soufis Moujahiddin

Les livres d’histoires sont remplis de noms de Soufis moujahidin (Les Gens qui Combattent) et de chouhada' (Martyrs) qui ont consacré leur vie en confrontant les ennemis de la foi et en appelant l’humanité en la présence divine d’Allah, de même que rappelant ceux qui ont dévié de la vraie voie et de la Sunna du Prophète . Ils accomplirent ceci avec sagesse et ils furent efficaces. Leurs noms et leurs récits sont trop nombreux pour être énumérés dans ce livre, cela devrait couvrir plusieurs centaines de volumes. Il est suffisant de mentionner quelques exemples de l’histoire moderne cités par l’auteur de The Reliance of the Traveller (`Oumdat al-Salik ou La dépendance du Voyageur):

Parmi les Soufis qui aidèrent l’Islam aussi bien avec le sabre qu’avec la plume, selon B.G. Martin dans Muslim Brotherhoods in Nineteenth Century Africa (les confrèreries Musulmanes dans l’Afrique du 19ième siècle), il y a des hommes dont le cheick Naqshbandi Chamil Daghestani, qui mena une guerre prolongée contre les Russes dans le Caucasse au cours du 19ième siècle; Sayyid Mouhammad `Abdullah al-Somalie, un cheick de l’ordre Salihiyya qui conduisit les musulmans contre les Britanniques et les Italiens en Somalie de 1899 à 1920; le cheick Qadiri `Outhman ibn Fodio, qui mena jihad au nord du Nigéria de 1804 à 1808 pour établir une régulation Islamique; le cheick Qadiri `Abd al-Qadir al-Jaza`iri, qui conduisit les Algériens contre les Français de 1832 à 1847; le faqir Darqawi al-Hajj Mouhammad al-Ahrach, qui combattit les Français en Egypte en 1799; le cheick Tijani al-Hajj `Oumar Tall, qui mena un jihad Islamique en Guinée, au Sénégal, et au Mali de 1852 à 1864; et le cheick Qadiri Ma' al-`Aynayn al-Qalqami, qui aida à rassembler la résistance Musulmane contre les Français au Nord de la Mauritanie et au sud du Maroc de 1905 à 1909.

Parmi les Soufis dont les travaux missionnaires Islamisèrent des régions entières sont des hommes tels que le fondateur de l’ordre Sanousiyya, Mouhammad `Ali Sanousi, dont l’effort et le jihad de 1807 à 1859 consolida l’Islam comme religion chez les habitants du désert Libyen de l’Afrique du sud-sahara; le cheick Chadhili Mouhammad Ma`rouf et le cheick Qadiri Ouzaous al-Barawi, dont les efforts propagèrent l’Islam à l’Ouest et à l’intérieur à partir des côtes de l’Afrique de l’Est; et les centaines de cheicks anonymes Naqshbandi qui enseignèrent et préservèrent l’Islam au sein des gens de ce qui est appelé maintenant le sud de l’Union Soviétique et qui continuent encore de nos jours à servir la religion malgré la pression officielle. Il est évident que l’attachement du cœur à Allah, est l’aspect sur lequel le Soufisme met l’accent, cela ne gêne aucunement les travaux spirituels quels qu’ils soient, mais au contraire fournit une base réelle. Et seul Allah donne le succès.[44]

Nous renvoyons aussi le lecteur au Mystics and Commissars de Benningsen pour le rôle des Soufis dans la préservation de l’Islam en Union Soviétique, et Lion of Daghestan pour leur jihad contre les Tsars et leur dynastie. Nous rappellons aussi que ce sont les Naqshbandis qui préservèrent l’Islam en Chine dans le passé – à partir duquel pays, l’Islam se répendit jusqu’à la péninsule Malay – et sous les sombres jours de la soit-disant «Révolution Culturelle» de Mao Tsé-Toung. Dans tout ce qui a été énuméré ci-dessus, il y a une évidence que le tassawuf, loin d’encourager l’évasion et l’immobilisme qui retarde le progrès social, soutena les plus hautes valeurs de la conscience sociale aussi bien que la recherche religieuse et la science. En fait, ils fournissent un témoignage adéquat à un inlassable jihad et lutte contre les injustices sociales et l’inaction qui prit place au fil des siècles.

suite: Position des Imams

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[24] Muslim; Ahmad, Mousnad 6:91, 163, et autres

[25] Mouslim; Iman #208: "Nul ne péri avec Allah sauf qu’il est destiné à la destruction." Ibn Hajar dit (Fath al-bari Riqaq Ch.31 #6491): "C’est -à -dire celui qui persiste dans son accrochage au mal dans sa résolution, son parlé, et son action, et évite le bien dans sa conception, son parlé, et action."

[26] Tirmidhi, Zakat #28.

[27] Cf. Ibn Majah, Mouqaddima #1à, Fitan #66; Tirmidhi, Witr #21, Qadar #6; Ahmad 5:277,280,282; Ibn Hibban.

[28] Abou Dawoud, Tabarani, Ahmad, Boukhari dans son Tarikh, et autres.

[29] Abou al-Ma`ali Roukn al-Din `Abd abd al-Malik ibn `Abd Allah ibn Youssouf al-Jouwayni al-Naysabouri al-Chafi`i al-Ach`ari (419-478): Le cheick de Ghazali et auteur des 15 volumes Nihayat al-latlab fi dirayat al-madhhab (Le plus important dans ce qui est cherché sur la compréhension de l’école Chafi`i) aussi bien que d’autres travaux dans les doctrines de la foi, la théologie, les fondements de la méthodologie Islamique, et du fiqh chafi`i (loi). Voir le Tabaqat al-chafi`iyya al-koubra d’al-Soubki 5:165.

[30] Kitab al-irchad ila qawati` al-adilla fi ousoul al-i`tiqad.

[31] Cf.Le cheick Soufi Ibn `Ata' Allah: «Quand Dieu t’aliène de la compagnie de Ses créatures, sache qu’Il désire t’ouvrir la porte de Sa propre intimité.» Kitab al-hikam #93.

[32] Ceci est l’Imam Ghazali.

[33] Hadiths: koullou chay'in bi qadar: «Toute chose est mesurée…» Mouslim, Qadar Ch.4 #18, Ahmad aussi; koullou chay'in bi qdar'in wa qadar: «Toute chose est destinée à passer et est mesurée…» Tabarani dans “al-Awssat”: Haythami dit dans Majma' al-zawa'id que ce hadith contient des sous-narrateurs inconnus.

[34] Relté avec une chaîne fiable par al-Khatib al-baghdadi dans son Tarikh Baghdad 8:214, et par al-Dhahabi dans Mizan al-I’tidal 1:430.

[35] Narré par Ibn ‘Abd al’Barr, jami’ bayan al-‘ilm wa fadlih 1:190; al-Moundhiri, al-Targhib 1:103; al-khatib al-Bagndadi, Tarikh Baghdad 4:346; et autres.

[36] Al-‘Izz ibn ‘Abd al-Salam, Bayn al-chari’a wa al-haqiqa aw hall al-roumouz wa mafatih al-kounouz (Cairo: matba’at nour al-amal, n.d.) p.11.

[37] Comme mentionné par al-‘Ajlouni dans Kach al-Khafa 2:89 (#1765).

[38] Ibn Qayyim al-Jawziyya, al-Fawa’id, éd. Mouhammad ‘Ali Qoutb (Alexandria: dar al-da’wa, 1412/1992) p.50.

[39] Rapporté sur l’autorité d’Abu al-Darda’ par Ahmad, Tirmidhi, Ibn Majah, Ibn Abi al-Dunya, al-Hakim qui le déclare fiable, et Dhahabi le confirme, Bayhaqi, Souyuti dans al-Jami’ al-saghir, et Ahmad aussi le rélate de Mou’adh ibn Jabal.

[40] Relaté sur l’autorité d’Abou Sa’id al-Khoudri par Ahmad (3:75), Tirmidhi (#3376), Baghawi dans Shar al-Sunna (5:195), Ibn Kathir dans sonTafsir (6:416), et autres.

[41] ‘Ali al-Qari, al-Asrar al-marfu’a (Béirout 1985 ed.) p.127.

[42] Ibn Abou Jamra, Bahjat al-noufous sharh moukhhtasar sahir al-boukhari 3:146.

[43] Tirmidhi, Ahmad, Tabarani, Ibn Majah, al-Hakim, et Qouda’i aussi le rapporte. Le contemporain savant de hadith Ch’ayb al-Arna’out confirme que sa chaîne de transmission est fiable dans son édition de ibn Hibban, Sahih 11:203 (#4862).

[44] Reliance of the Traveller, p.863.

© Encyclopédie de la doctrine islamique, Shaykh Muhammad Hisham Kabbani

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