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   Les Maitres de la Chaine d'Or de la Naqshbandiya
Cheihk Nazim al Haqqani 40e maitre

Cheikh `Abdoullah al-Fa'iz ad-Daghestani



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"You are something inseparable in the heart.
My eyelids never close
but that You are between them and my eyes.
Your love is part of me like the soul's internal speech.
I cannot breathe except You are in my breath
and I find You coursing through each of my senses."
Aboul-Hassan Simnan.

Il est le Soufre Rouge, la Lampe en crystal de cet univers et de ses fondations. Sa foi inégalable était son soutien. Ayant la connaissance des enseignements cachés du Coran, il représentait la Clé nécessaire pour accéder au secret du Livre Saint de part l’Essence Pure de Vérité qui émanait de lui. Il avait une grande expérience de la Voie empruntée par ses prédécesseurs. Le Soufisme était son sang, le Prophète Mouhammad était son cœur et la Présence Divine était son âme. Il était le Phare de la Connaissance qui guidait les hommes, le Maître de l’Excellence dans les Manières et il excellait dans le Contrôle de Soi. Il incarnait l’Océan de Sagesse sur lequel pouvaient naviguer tous les hommes et grâce auquel ils arrivaient indemnes à leur déstination.

Lors de sa naissance, la terre fut enveloppée d’une nouvelle lumière. Les gens accouraient vers lui afin de trouver le bonheur dans ce monde et dans l’au-delà. Il était un Océan de Connaissance dont les vagues venaient se briser sur la Rive Divine. Sa grande connaissance rendait les érudits perplexes et il était le meilleur de tous les ascètes qu’on ait vu ou entendu parler dans les livres. Il extrayait généreusement de son âme de quoi apaiser la soif du monde spirituel et du monde physique. Il incarnait la galaxie, entourée d’une guirlande de soleils et d’étoiles de toutes les tailles et de toutes les couleurs, apportant ainsi une lumière différente à chaque personne. Il portait la Courône de l’Amour Divin et à travers lui, les gens goûtaient au miel tant désiré que représentent les Secrets Divins. Il n’a jamais quitté une personne sans l’avoir élevée et imprégné de son aura spirituelle. L’obscurité de l’ignorance disparaissait lorsque la lumière de sa connaissance apparaisssait.

Il a puisé dans la Station du Secours, niveau auquel il a accedé plus tard. Il est Celui qui, de son temps, a ravivé la religion. Ses sages recommendations et ses conseils se sont répandus dans le monde. Les rois venaient le rencontrer, les savants cherchaient des renseignements et personne n’était privé de sa spiritualité. En effet, tout le monde avait accès à sa spiritualité. Grâce à sa lumière, l’obscurité disparaissait et les Secrets des Bénédictions se réflétaient dans les gens et émanaient d’eux. Il était le Saint Parfait et le Pillier de ceux qui ont la Connaissance.

Il est né au Daghestan en 1309 H/1891 AD d’une famille de médecins. Son père était médecin généraliste et son frère était chirurgien, en chirurgie générale dans l’armée russe. Il a été élevé et éduqué par son oncle, Cheikh Sharafouddin ad-Daghestani (q), le maître de l’Ordre Naqshbandi de l’époque, qui a soigneusement veillé sur lui dès son jeune âge.

Cheikh Sharafouddin ad-Daghestani dit à sa sœur lorsqu’elle était enceinte:

"Le fils que tu portes n’a pas de voiles sur son Coeur. Il sera capable de voir des événements qui ont déjà eu lieu ou qui se produiront. Il fait partie de ceux qui pourront lire directement l’Invisible inscrit sur la Table Gardée ( lawh al-mahfuth) . Il va être le Sultan des Saints de son époque. Il sera désigné parmi les saints comme étant 'Naqeeb al-Ummah', le Guide de la Communauté de Mouhammad. Il va parfaire la capacité d’être à la fois avec Dieu et avec les gens. Il va hériter le secret du Prophète dont il a fait allusion en disant : « J’ai une face tournée vers le Créateur et une vers la Création. J’ai une heure avec le Créateur et une heure avec la Création.»

"Lorsque tu donneras naissance, donnes lui le nom d’Abdoullah car il portera le secret de la Servitude. Il répandra la Tariqa à nouveau dans les pays arabes et ses successeurs répandront à travers lui, la Tariqa en Occident et en Extrême-Orient. Tu dois veiller sur lui. Je te demande de me le confier lorsqu’il aura sept ans afin que je m’occupe de son éducation.»

Le jeudi 12 du mois de Rabi`ul Awwal, sa mère Amina donna naissance et appela son fils Abdoullah. Elle était seule lorsqu’elle lui donna naissance aux environs de minuit. Son père était occupé et son frère n’était pas là. Elle a dit qu’elle a eu une vision lorsqu’elle lui donnait naissance dans laquelle elle vit deux femmes qui venaient vers elle. Une des femmes était Rabi`a al-`Adawiyya et l’autre était Asiya (l’épouse de Pharaon qui a cru en Moise), lesquelles l’ont aidée à donner naissance. Après un moment la vision pris fin et elle vit le bébé apparaître. Son mari est alors arrivé à ce moment et l’a aidée à donner naissance.

Ses parents ne l’ont jamais entendu pleurer. Durant son enfance, quand il avait un an, ils le voyaient souvent se prosterner. Sa mère, la famille et les voisins en étaient très étonnés. Il a commencé à parler à l’âge de sept mois et on le comprenait parfaitement. Il était différent des autres enfants sur d’autres aspects. Par exemple, on le voyait souvent bouger sa tête de droit à gauche en chantant le nom de Dieu et à l’âge de 3 ans, il avait l’habitude de prédir l’avenir des invités. Il connaissait leurs noms sans pour autant les connaître ou sans qu’on le lui ait dit. Il surprenait ainsi les gens de son pays. Les gens avaient l’habitude de rendre visite à ses parents afin de voir et d’entendre parler cet enfant remarquable. À l’âge de sept ans, il récitait le Coran. Il s’asseyait souvent avec son oncle Cheikh Sharafouddin et répondait aux questions que les gens lui posaient. Ses réponses sur la shari`ah étaient toujours claires, bien qu’il n’ait jamais étudié la jurisprudence. Il était capable de s’appuyer sur des preuves provenant du Coran et des Récits Prophétiques sans qu’il en ait étudié la science. Les gens étaient par conséquent de plus en plus attirés par lui.

La maison de son père ne désemplissait pas de visiteurs qui venaient lui confier leurs problèmes, leurs difficultés quotidiennes. Il donnait des solutions à leurs problèmes et prédisait leurs dénouements. À l’âge de sept ans, il était devenu tellement célèbre que lorsque quelqu’un voulait se marier, il venait lui demander d’abord si le mariage allait fonctionner. Mais bien plus important, on lui demandait si le mariage correspondait à la volonté d’Allah tel que mentionné sur les Tables Préservées.

Les savants de son époque prenaient en compte ses décisions et acceptaient sa juridiction. Les érudits de son époque étaient si fascinés par sa connaissance, malgré son jeune âge, qu’ils venaient de loin pour entendre la connaissance spirituelle qui jaillissait de lui telle une fontaine. Son oncle lui demandait comment il faisait pour parler avec peu d’efforts et de façon interminable. Il répondait alors: « Ô mon oncle, c’est comme si des mots venant de la Présence Divine étaient écrits droit devant moi. Je n’ai plus qu’à regarder alors et lire ce qui est écrit. »

Il avait l’habitude d’évoquer des sujets spirituels très profonds qui n’avaient jamais été mentionnés avant. À sept ans, il disait aux maîtres spirituels de son temps : « Si je dévoilais la Connaissance Divine qui a été révélée à mon Coeur, même les saints me trancheraient la gorge. »

Il respectait les prescriptions de la Shari`ah de façon extrêmement méticuleuse. Il était le premier à se rendre à la prière (Salat) cinq fois par jour à la mosquée, le premier à se rendre au Dhikr et arrivait premier lors des réunions qui rassemblaient les savants ainsi que les rassemblements d’ordre spirituel.

Il devint encore plus célèbre car il avait la faculté de guérir les malades en récitant la Sourate al-Fatiha. Un grand nombre de gens aux maladies diverses venaient le voir. Il lisait alors la Sourate al-Fatiha, soufflait sur eux et ils guérissaient. Il avait un pouvoir immense de guérison et guérissait même ceux qui n’étaient pas sur place. Des gens venaient à lui et lui demandaient d’aider leurs parents, leur épouse ou quelqu’un qui était malade et qui n’avait pas pu venir. Il lisait une fois la Fatiha qu’il leur envoyait et ils guérissaient automatiquement quelque soit la distance où ils se trouvaient. La faculté de guérir était une de ses innombrables facultés.

Il a dit à propos de lui-même:

"Je suis le descendant de Sayyidina Miqdad ibn al-Aswad (r), que le Prophète avait l’habitude de désigner comme son représentant toutes les fois qu’il quittait Médine pour un voyage. J’ai herité, comme mon mon oncle, de l’empreinte de la Main Bénie du Prophète l’avait posée sur le dos de mon grand-père béni, Miqdad ibn al-Aswad (r). Il émane de cette tache de naissance une lumière particulière."

Le Daghestan était à cette époque sous l’occupation et l’emprise des forces armées russes. Son oncle qui était le guide spirituel du village et son père qui était un médecin très connu décidèrent de quitter le Daghestan pour aller en Turquie. Après avoir pris cette décision, ils demandèrent à Cheikh Abdoullah de faire la prière de consultation afin de savoir si leur décision d’émigrer à ce moment était appropriée. Grandcheikh`Abdoullah décrit ce moment:

"Cette nuit-là, j’ai prié Isha. Jai refait mes ablutions et j’ai prié deux rak`ats. J’ai alors médité, me connectant au Prophète travers mon Cheikh, qui est mon oncle. Je vis le Prophète venir vers moi avec 124,000 Sahaba (Compagnons) et me dire, 'Ô mon fils, je libère de mon cœur tous mes pouvoirs et ceux de mes 124,000 Compagnons. Dis à ton oncle ainsi que les gardiens du village d’émigrer immédiatement vers la Turquie."

"Ensuite je vis le Prophète m’embrasser et je m’anéantis en lui. Dès que je m’anéantis en lui, je me vis m’élever du Dôme du Rocher, le Bait oul-Maqdis, là où le Prophète s’éleva lors de la Nuit de l’Ascension. Je me vis sur le même Bouraq qui a conduit le Prophète et je fus transporté dans une vision véritable, à la Station des Deux Cordées d’Arc sinon plus, où je pouvais voir le Prophète sans me voir.

"J’eus l’impression de faire entièrement partie du Prophète . Lors de cette ascension, je reçu les Secrets que le Prophète avait reçu durant la Nuit de l’Ascension. Toute sorte de connaissances parvint à mon coeur comme des mots remplis de lumière, une lumière verte au début qui devint rouge après. La quantité de connaissances qui était versée dans mon coeur était infinie."J’entendais une voix qui venait de la Présence Divine qui disait : "Approche, Ô mon serviteur." Lorsque je m’approchais vers le Prophète , tout disparut, même la réalité spirituelle du Prophète disparut. Rien n’existait plus excepté Allah Le Tout-Puissant.

"J’entendais une voix, vis toutes Ses Lumières et Attributs qui brillaient dans Sa Présence. 'Ô mon serviteur, par cette Lumière, atteins l’État d’Existence.' C’est alors que je me sentis exister à travers le Prophète , après avoir été anihilé, après avoir été et existé dans la Présence Divine et paré des quatre vingt dix-neuf Attributs. Je fus annihilé dans le Prophète , apparaissant à l’intérieur de tout création qui existait grâce au Pouvoir d’Allah. Cet état nous permis de réaliser qu’il existe d’autres univers excepté celui dans lequel on vit, qu’il existe des créations infinies d’Allah Le Plus Haut, Le Sublime. Je sentis la main de mon oncle sur mon épaule et il me dit 'Ô mon fils, c’est l’heure de prier Fajr.'

"Je priais Fajr avec lui et plus de 300 personnes du village prièrent avec nous. À la fin de la prière, mon oncle se leva et dit 'Nous avons demandé à mon neveu de faire l’ istikhara (la prière de consultation).' Tout le monde avait hâte de savoir ce que j’avais vu. Mon oncle annonça immédiatement 'De par mon pouvoir, il a été emmené dans la Présence du Prophète . Le Prophète a donné son autorisation afin que tout le monde émigre en Turquie. Il l’a fait atteindre différents niveaux jusqu’au niveau des Deux Cordées D’arc sinon plus. C’est alors qu’il le fit atteindre un si haut niveau de connaissance que n’ait jamais atteint un saint, y compris moi-même. Son ascension a été une leçon pour les saints du passé et du présent. Cela a été aussi l’ouverture permettant l’accès au Gigantesque Océan de Connaissance et de Sagesse.

"Je pensais en mon for intérieur, 'Mon oncle était avec moi lors de la vision et c’est par son pouvoir que cette vision m’est apparue.'"

"Tout le monde dans le village commença à se préparer. Nous eûmes de nombreuses difficultés lors de notre voyage vers la Turquie à cause des soldats russes et des bandits qui tuaient sans aucune raison.

"Près de la frontière turque, il y avait une forêt où nous devions passés et qui était remplie de soldats russes. À l’heure de Fajr, mon oncle dit, 'Nous allons prier Fajr et nous allons traverser la forêt.'Nous priâmes Fajr et on se mit en route. Cheikh Sharafouddin dit alors à tout le monde 'Arrêtez-vous!' Il demanda un verre d’eau. Quelqu’un le lui donna, il se pencha et récita le verset 9 de la Sourate Ya Sin : 'Et nous mettrons une barrière devant eux et une barrière derrière eux; Nous les recouvrirons d’un voile, et voilà qu’ils ne pourront rien voir.' Ensuite, il lu Fallahou khairoul hafidhan wa Houwa arhamour-Rahimeen , "Dieu est le meilleur gardien, et Il est Le plus Miséricordieux des Miséricordieux." [12:64]

"Tandis qu’il lisait ces versets, chacun senti quelque chose dans le coeur et je vis trembler tout le monde. Allah me permit de voir à cet instant que nous étions assaillis de tous les côtés par l’armée russe. Les soldats tiraient sur tout ce qui bougeait, même les oiseaux. Je m’aperçu qu’on passait en toute sécurité. On traversait la fôret sans qu’ils entendent nos pas ni ceux de nos animaux jusqu’à ce qu’on arrive de l’autre côté de la frontière.

"La vision se dissipa dès que Cheikh Sharafouddin termina de réciter. Il nous aspergea d’eau et dit 'En route! Mais ne regardez pas derrière vous!' Pendant que nous avançions, nous pouvions voir les soldats russes sans qu’ils nous voient, comme si nous étions invisibles. Nous marchâmes 20 km à travers la forêt, du matin jusqu’au soir. On ne s’arrétait que pour prier et personne ne pouvait nous voir. On entendait les soldats russes tiraient sur les gens, les oiseaux, les animaux, sur tout ce qui bougeait. Nous réussimes à passer sans être vus, sains et saufs. Nous étions les seules personnes en sécurité. Enfin, nous sortimes de la forêt et entrâmes en Turquie.

"Nous nous rendîmes d’abord à Bursa, où Cheikh Sharafouddin s’installa pour une durée d’un an. Il déménagea ensuite à Rashadiyya, où il fonda un village pour acceuillir les émigrants du Daghestan. Ce village était situé à 30 km de Yalova, qui se trouve sur la côte Marmara, environ à 50 km de Bursa et 60 km environ d’ Adapazar. Il construit une mosquée dans ce village ainsi que sa maison à proximité de la mosquée. Tout le monde se mit à construire des maisons. Mon père et ma mère construisirent la-leur près de celle de Cheikh Sharafouddin."

"Quand j’eus treize ans, la Turquie était confrontée aux attaques des armées britanniques, françaises et grecques. L’armée turque enrollait tout le monde, y compris les enfants. Ils voulaient m’enroller, mais mon oncle qui avait de bonnes relations avec le Sultan Abdul Hamid, refusa de me laissait partir. Mon père décèda et ma mère se retouva seule. Je devais alors travailler pour subvenir à ses besoins. À mon quinzième anniversaire, Sayyidina Cheikh Sharafouddin me dit, 'Mon fils, désormais tu es mature et tu es devenu adulte. Tu dois donc te marier.' Je me mariais à l’âge de quinze ans, un très jeune âge et j’habitais avec ma mère et mon épouse.

Sa première retraite et son premier entraînement spirituel

Cheikh Sharafouddin a éduqué et formé Cheikh `Abdoullah à partir d’une discipline spirituelle intensive et de longues heures de dhikr. Six mois après le mariage, il ordonna Cheikh Abdoullah d’effectuer une retraite spirituelle de cinq ans. Cheikh Abdoullah a dit :

"Cela faisait à peine six mois que je m’étais marié lorsque mon Cheikh m’ordonna d’accomplir une retraite spirituelle de cinq ans. Ma mère était si mécontente qu’elle alla se plaindre auprès de mon Cheikh, son frère. Mon épouse était également mécontente, mais mon Coeur ne s’est jamais plaint. Mon cœur était plutôt très content d’effectuer cette retraite que j’avais tant désiré. "Je partais alors en retraite malgré les pleurs de ma mère, qui disait 'Je n’ai personne d’autre à part toi. Ton frère est toujours en Russie et ton père est décédé.' J’avais de la peine pour ma mère, mais je savais que c’était un ordre de mon Cheikh et qu’il venait directement du Prophète . J’avais pour ordre de me laver six fois par jour avec de l’eau froide et d’accomplir mes exercices spirituels obligatoires et quotidiens (wird/dhikr). Je devais en plus lire chaque jour entre sept et quinze sections du Coran, de prononcer 148 000 fois le Saint Nom d’ Allah et d’accomplir 24 000 fois les prières sur le Prophète .

"Il y avait de nombreux autres exercices spirituels qui devaient tous être effectués dans un état de concentration et de méditation. J’étais dans une cave, en pleine forêt sur le sommet d’une montagne couverte de neige. Une personne avait la tâche de m’apporter chaque jour sept olives et 60g de pain. J’avais quinze ans et demi au moment de cette retraite spirituelle et j’étais assez enveloppé. À la fin de la retraite, à l’âge de vingt-deux ans, j’étais très mince et je ne pesais que quarante-cinq kilos. "On ne peut trouver les mots pour décrire ce qui m’a été dévoilé. Lorsque j’entamais la retraite, je dis à mon égo, 'Ô mon égo, même si je dois mourir, je ne vais pas quitter cette retraite spirituelle. Tu dois le savoir. N’essaie pas de me faire changer d’avis ou de me tromper."

Il y avait un trou dans la cave, et lorsqu’il y entra, il boucha le trou avec un bout de tissu. Cheikh Abdoullah a poursuivi en disant,

"Je dormais très peu durant cette retraites. Je n’avais aucun besoin de dormir car j’avais un soutien divin si puissant. Une fois, j’eus une vision du Prophète lors de sa retraite dans la cave de Hi ra. Pendant quarante jours, je demeurais assis derrière lui et il est resté dans cette position sans jamais dormir.

"Pendant que je faisais le dhikr un soir après minuit, une énorme tempète s’abattit sur la montagne. J’entendais les arbres se briser, la pluie se déverser et enfin la neige tomber. Il faisait tellement froid et rien ne pouvait me réchauffer sauf la chaleur de mon Dhikr. Un vent très fort souffla sur le trou et emporta le tissu. Je gelais et la neige se répandit partout autour de moi. J’avais tellement froid que je ne pouvais pas bouger mes doigts pour faire mon Dhikr. Mon cœur cessa presque de battre. Je me dis que je devais boucher encore le trou. Dès que cette pensée me traversa l’esprit, j’eus une vision de mon Cheikh qui criait 'O mon fils ! À qui penses-tu ? À toi ou à Celui qui t’a creé ? C’est mieux que tu meurs de froid plutôt que d’accorder à ton cœur un seul moment d’inconscience' Cette vision me réchauffa le cœur et me donna le courage de recommencer mon Dhikr immédiatement. Pendant que je continuais mon Dhikr, plus de vent soufflait et plus de neige tombait. Je livrais une lutte contre moi-même en me disant: 'Je vais continuer mon dhikr même si je meurs.' Dès que je dis cela, le vent s’arrêta de souffler et la neige arrêta de tomber. C’est alors qu’un arbre se brisa et vint boucher le trou de la cave.

"Une fois, après la dernière prière, je faisais mon Dhikr pendant que mon coeur était connecté à son Origine et je me vis faire le Dhikr dans la Présence Divine. Au même moment, je sentis quelque chose qui m’entourait. Je savais que ce n’était pas quelque chose de divin mais plutôt quelque chose de physique. C’est alors que je me rappelais des paroles du Prophète , 'Il n’existe aucune autre peur excepté la peur d’ Allah.' Bien que je sentais quelque chose m’enveloppait, mon coeur resta connecté à la Présence Divine.

"Je passais de cette station à la station de la Conscience des Nombres ( wouqouf `adadi ) après avoir répété 777,777 fois les Noms Divins. J’allais entamé la 777,778 fois quand j’entendis la Présece Divine s’adresser à moi, 'Ô mon serviteur! Tu as atteint le Secret de Wuqaf Adadi cette nuit et tu possèdes désormais la clé de cette station. Entre dans notre présence, comme étant Celui qui Parle avec Allah (kalimullah), la station de Sayyidina Mousa (as) quand il parlait directement à Dieu. Je m’aperçu que je parlais à la Présence Divine et je reçus des réponses à des questions qui n’avaient jamais été posées par les saints. Je saisis l’occasion pour demander à Allah, 'Ô Allah, quel est Votre Plus Grand Nom?' Et j’entendis, 'Ô mon serviteur, tu sauras cela plus tard.' La vision disparut et c’était l’heure de la prière de Fajr.

"Avant chaque prière, j’étais obligé de prendre une douche froide. Il n’y avait évidement pas d’eau courante et je devais donc utiliser de la neige fondue. Au moment où je m’apprêtais à prendre ma douche, j’aperçus devant moi la tête d’un serpent qui m’avait en fait complétement encerclé. Sa tête était si bien dressée que tout movement de peur aurait fait en sorte qu’il me morde. Je ne lui accordais alors aucune attention. Je savais que si je ressentais de la peur, il allait m’attaquer. Le serpent devient donc inexistant dans mon esprit. Je ne pouvais pas prendre ma douche avec le serpent autour de moi, mais les ordres du Cheikh devaient être suivis. Je versais alors de l’eau sur mes habits et sur le serpent. Pendant quarante jours, le serpent demeura ainsi autour de moi. Quand je priais, il bougeait sa tête pour me laisser me prosterner. Pendant quarante jours, ce serpent resta là, à l’affût de la moindre erreur ou de la moindre peur pour m’attaquer. Ce test de mon Cheikh dont l’objectif était de voir si j’avais une autre peur excepté celle d’Allah, se termina enfin et le serpent se déroula. Il resta un moment face à moi et disparût."

Cheikh `Abdoullah passa cinq années dans cette retraite spirituelle particulière qui pris fin à l’âge de 22 ans. Lorsqu’il en sorti, il avait l’âge de s’enroller à l’armée et cette fois-ci, il parti à l’armée.

Son Ascension

Il a dit,

"Je ne vis ma mère qu’une semaine ou deux. Ils m’emmenèrent au champ de bataille connu sous le nom de Safar Barlik dans les Dardanelles. Un jour, il y’eut une attaque de l’ennemi et une centaine d’entre nous devait rester en arrière pour défendre une frontière. J’étais un excellent tireur d’élite et je pouvais toucher une cible située à une grande distance. Nous n’arrivions pas à defendre notre position et nous faisions face à une terrible attaque Je sentais une balle me touchait le cœur et je tombais sur le sol. J’avais été mortellement bléssé.

"Tandis que je mourais, j’apperçus le Prophète venir à ma rencontre. Il dit, 'Ô mon fils, tu étais destiné à mourir ici, mais nous avons encore besoin de toi sur cette terre, autant dans ta forme spirituelle que physique. Je viens te montrer comment une personne meurt et comment l’Ange de la Mort vient prendre son âme.' Il me montra une image grâce à laquelle je vis mon âme sortir de mon corps, cellule après cellule, en commençant par les orteils. Pendant que la vie s’en allait, je pouvais voir le nombre de cellules qu’il y a dans mon corps, la fonction de chaque cellule ainsi que le remède de chaque cellule souffrante. J’entendis le dhikr de chaque cellule.

"Pendant que mon âme partait, j’expérimentais ce que ressentait une personne lorsqu’elle mourait. Je pû voir les différents états de la mort: les états douloureux, les états faciles et les états les plus merveilleux de la mort. Le Prophète me dit, 'Tu fais partie de ceux qui decèdent dans un état de félicité.' J’avais tellement de plaisir à mourir car je retournais ainsi à mon Origine et c’est alors que je compris le verset du Coran qui dit, "Certes nous sommes à Dieu, et c’est à Lui que nous retournerons" [2:156].

"Cette image resta jusqu’à ce que je sente mon âme partir après le dernier souffle. Je vis l’Ange de la Mort et j’entendais les questions qu’il demanderait. J’expérimentais toutes les sortes de visions qui apparaissent au mourant bien que je fûs en vie. Cette expérience me permit de connaître le secret de cet état.

"Durant la vision, je vis mon âme regarder mon corps et le Prophète me dit, 'Viens avec moi!' J’accompagnais le Prophète , et il m’emmena aux Sept Cieux. Il me permit de voir tout ce que je désirais voir dans les Sept Cieux et il m’éleva à la Station de Maqam as-Sidq (la Station de la Véracité), où je rencontrais tous les Prophètes, tous les saints ( Siddiqeen ), tous les martyrs, et tous les vertueux ( Saliheen ).

"C’est alors qu’il dit, 'Ô mon fils, je vais maintenant te montrer les tourments de l’Enfer.' J’y apercevais tout ce que le Prophète avait mentionné dans les hadiths en ce qui concerne les tourments et les châtiments qui auraient lieu à cet endroit-là. Je dis, 'Ô Prophète , vous qui avez été envoyé comme étant la Miséricorde des Mondes, n’y a t-il pas moyen de sauver ces gens?' Il répondit, 'Oui, mon fils, par mon intercession, ils peuvent être sauvés. Je te montre le sort de ces personnes si je n’avais pas le pouvoir d’interceder en leur faveur.'

"Le Prophète dit alors, 'Ô mon fils, je vais maintenant te ramener à la terre ainsi qu’à ton corps.' Dès que le Prophète eut prononcé ces paroles, Je regardais en bas et vis mon corps qui parraissait enflé. Je regardais et lui dis, 'Ô Envoyé de Dieu, c’est mieux de rester ici avec vous. Je n’ai pas envie de retourner. Je suis heureux d’être avec vous dans la Présence Divine. Regardez cette dounya (ce monde matériel) , j’ai déjà été là-bas et maintenant je l’ai quittée. Pourquoi devrais-je y retourner? Regardez, mon corps est enflé.'

"Il me dit, 'Ô mon fils, tu dois retourner. C’est ton devoir.' Par ordre du Prophète je retournais à mon corps même si je n’en avais pas envie. Pendant que je réintégrais mon corps, je vis que la balle qui avait atteint mon coeur était coincée dans la peau et que le saignement avait cessé. La vision pris fin pendant que je retournais doucement dans mon corps. Je vis alors des médecins qui cherchaient des survivants sur le champ de bataille. Un des médecins dit alors, 'Celui-là est vivant, il est vivant.' Je n’avais pas la force de parler ou de bouger, et je réalisais que cela faisait sept jours que mon corps se trouvait là."

"Ils m’emmenèrent et me donnèrent des soins, jusqu’à ce que je me sentes mieux et que je reprenne la santé. Ils me dirent de retourner chez mon oncle. Dès que je le retrouvais, il me dit, 'Ô mon fils, as-tu aimé ta visite?' Je ne répondis ni 'oui', ni 'non', car je voulais savoir s’il faisait référence à mon séjour à l’armée ou à ma rencontre avec le Prophète . Il me demanda à nouveau, 'Ô mon fils, as-tu aimé ta rencontre avec le Prophète ?' Je réalisais ainsi qu’il était au courant de tout. Alors, je courais vers lui, lui embrassais la main et lui dis, 'Ô mon Cheikh, j’étais avec le Prophète et je dois avouer que je ne voulais pas revenir. Mais il m’a dit que c’était mon devoir."

Soummission Totale

Cheikh `Abdoullah (q) continua de mener sa vie sous le regard bienveillant de son oncle, Cheikh Sharafouddin (q), et il progressa encore plus en ce qui a trait à la connaissance spirituelle. Un jour, Cheikh Sharafouddin prenait part à une assemblée de 300 savants, à la fois religieux et spirituels, et ils devaient discuter de l’importance de leur vie spirituelle. Ils s’étaient rassemblés sur une colline près de sa mosquée.

Cheikh `Abdoullah se dirigea vers la colline, au lieu du rassemblement. Certains savants dirent à Cheikh Sharafouddin, "Nous sommes étonnés de voir la grande importance que tu accordes à cet enfant." Le Cheikh répondit,

"Regardez-le. Il vient me voir. Si un enfant de sept ans venait le voir pour lui dire, 'Ton Cheikh t’envoie un message selon lequel tu dois te rendre à La Mecque,' même si ce n’était pas vrai, `Abdoullah accepterait immédiatement et ferait ce que cet enfant lui dit de faire. C’est parce qu’il s’en remet complètement à moi et il sait que tout ce qui vient à lui, vient de moi quelque soit la manière avec laquelle cela arrive à lui. Il sait que si ça vient de moi, l’ordre émane du

Prophète , car mon cœur est connecté au cœur du Prophète et son cœur prend son origine dans Allah. Ainsi, sans aller voir sa mère, sans dire aurevoir à son épouse ni prendre des provisions, il dirigerait ses pas tout de suite vers La Mecque. C’est pour cette raison que je lui accorde tant d’importance et aussi parce que je connais la station dans laquelle il se trouve. "La station dans laquelle il se trouve n’a jamais été atteinte ni vue par personne, y compris moi-même. Il a atteint un niveau plus élevé que le mien, plus élevé que les niveaux de mes maîtres dans cette Tariqat. Lorsque que la tariqat continue à vivre d’un maître à l’autre, elle évolue encore plus. Et lorsque le secret passe d’un Cheikh à un autre, la valeur de la Tariqat augmente car le successeur possède déjà un secret en plus d’en recevoir un autre. Par la même occasion, le rang du Prophète continue à s’élever, à chaque moment, et pendant qu’il s’élève encore plus haut, les saints de sa Nation le sont à leur tour, d’où le sens du verset suivant, "Et au-dessus de tout homme détenant la science il y en a un plus savant." [12:76].

Rencontre avec Gurdjieff

Grandcheikh `Abdoullah (q) avait l’habitude de s’occuper de la khaniqah de son maître. Des centaines de visiteurs venaient voir le Cheikh chaque jour et la plupart venaient du Daghestan. Le professeur russe George Gurdjieff faisait partie des nombreux visiteurs du Cheikh. Il était arrivé recemment en Turquie après s’être dificilement enfuit de la Russie après un long périple et vint voir Cheikh Sharafouddin. Il avait eu de nombreux contacts avec des Soufis de différents ordres, avait grandi à proximité de ces ordres et avait énormément voyagé dans l’ensemble de la région du Caucase. Il était content de rencontrer les héritiers de l’ordre Naqshbandi hautement disintingué du Daghestan.

Cheikh Sharafouddin (q) demanda à Cheikh `Abdoullah (q) de s’occuper de leur invité. De nombreuses années plus tard, Cheikh `Abdoullah a raconté à plusieurs de ses mourides cette rencontre. Dès qu’ils se rencontrèrent, Cheikh `Abdoullah lui dit, "Tu aimerais accéder à la connaissance des Neuf Points. Nous pourrons en parler le matin après la prière de Fajr. Mange quelque chose maintenant et repose-toi." À l’heure de Fajr Cheikh `Abdoullah demanda à Gurdjieff de venir et de prier avec lui. Dès qu’ils terminèrent la prière, le Cheikh commença à réciter la sourate Ya Sin du Saint Coran. Quand il eut fini de lire, Gurdjieff s’approcha de lui et lui demanda s’il pouvait parlé de ce qu’il venait juste d’expérimenter. Gurdjieff lui dit:

"Dès que vous avez fini de prier et que vous avez commencé à réciter, je vous ai vu venir vers moi, me prendre par la main et nous avons été transportés vers un superbe jardin rose. Vous m’avez dit que ce jardin était le vôtre et que ces roses étaient vos mourides, chacun avec sa propre couleur et son propre parfum. Vous m’avez conduit vers une rose rouge en particulier et avez dit, 'Celle-là, c’est la tienne. Va la sentir.' Tandis que je la sentais, je vis la rose s’ouvrir, je disparu à l’intérieur et devint la rose elle-même. Je rentrais dans ses racines et elles m’amenèrent à votre présence. Je me vis rentrer dans votre cœur et devenir une partie de vous. "Grâce à votre pouvoir spirituel, j’ai pu accéder à la connaissance des Neuf Points. C’est alors qu’une voix s’adressa à moi sous le nom de `Abd an-Nur, et me dit: 'Cette lumière et cette connaisance t’ont été accordées par la Présence Divine d’Allah afin d’apporter la paix dans ton cœur. Cependant, tu ne dois pas utiliser le pouvoir de cette connaissance.' La voix me fit ses adieux en m’offrant des salutations de paix et c’est alors que la vison prit fin au moment où vous finissiez la récitation du Coran."

Cheikh `Abdoullah répondit,

"Le Saint Prophète a appelé la Sourate Ya Sin ‘le Coeur du Coran’ et la connaissance de ces Neuf Points t’a été accordée à travers cette Sourate. La vision t’est apparue grâce aux bénédictions qui emanent du verset suivant: "Salam" [paix et salut] ! Parole de la part d'un Seigneur Très Miséricordieux ' [36:58].

"Chacun des Neuf Points représente un des neuf saints qui occupent un rang élevé dans la Présence Divine. Ces saints sont les clés des pouvoirs inconnus qui se trouvent à l’intérieur de l’homme, mais la permission d’utiliser ces clés n’a pas été donnée. En général, c’est un secret qui ne sera divulgué qu’à la Fin des Temps quand le Mahdi (as) apparaîtra et que Jésus (as) reviendra.

"Notre rencontre a été bénie. C’est un secret que tu dois garder dans ton cœur et n’en parle pas dans cette vie. `Abd an-Nur est ton nom, tu es libre de partir ou de rester conformément à tes responsabilités. Tu es toujours le bienvenu. Tu es désormais en toute sécurité dans la Présence Divine. Qu’Allah te bénisse et te soutienne dans ton travail."

Cheikh Abdoullah
ad-Daghestani
avec des mourides
à Damas.
Cheikh Nazim
se trouve à droite de
GrandCheikh et
Cheikh Hussein se trouve à sa
gauche.

Ses États spirituels et ses discours après sa deuxième Retraite

À trente ans, Cheikh Abdoullah a reçu l’ordre d’effectuer une deuxième longue retraite pendant cinq ans. Durant cette retraite, il eut de nombreuses visions et expérimenta de nombreux états spirituels qu’il serait impossible de décrire dans ce livre. Après cette deuxième retraite, la puissance de sa force spirituelle augmenta. Il devint si connu que même du vivant de son Cheikh, les gens venaient de partout pour recevoir son enseignement.

Voici certains de ses discours:

"Je ne vous parle jamais de Station ( Maqam ), de Manifestation ( Tajalli ), ou de Rang ( Routbah ) sans que j’aie déjà atteint cette station, occupé cette position ou encore expérimenté cette manifestation. Je ne suis pas comme tous les autres, il n’y a pas de frontière entre ce que je vois et ce que je ressens. Je ne vous énumère pas des Stations ( Maqamat ) sans en connaître la réalité ( haqiqah ). Non! Premièrement, j’ai suivi cette voie et j’ai vu ce qu’elle représentait. J’ai appris les Réalités et les Secrets qui se trouvent sur cette voie, et j’ai parcouru ce chemin jusqu’à ce que j’accède à la Science de la Certitude ( `ilm al-yaqin ), à la Vision de la Certitude ( `ayn al-yaqin ), et à la Réalité de la Certitude ( haqq al-yaqin ). C’est seulement à ce moment-là que je vous parle, vous permettant ainsi de goûter un tout petit peu à ce que j’ai déjà goûté, jusqu’à ce que je parvienne à vous faire atteindre cette station sans vous fatiguer et sans difficultés.

"Il existe cinq stations du Coeur : qalb, sirr, sirr as-sirr, khafa et akhfa . Qalb, c’est le Coeur, sirr le Secret, sirr as-sirr c’est le Secret du Secret, khafa c’est le Secret Mystérieux, et akhfa le Secret Très Mystérieux. Le secret de cette Tariqat est basé sur ces cinq lata'if (Centres Subtils de l’être humain), les Stations du Coeur.

" Latifat al-qalb , la station du Coeur, est sous l’autorité de Sayyidina Adam, car elle représente l’aspect physique du coeur. Latifat as-sirr , la station du Secret, est sous l’autorité de Sayyidina Nouh (as), car elle représente le Vaisseau qui a été sauvé de l’Océan de l’Obscurité, de l’océan d’ignorance. Latifat Sirr as-Sirr , la station du Secret du Secret, est sous l’autorité de deux Prophètes : Ibrahim et Moussa (as), lesquels représentent la Présence Divine d’Allah sur Terre. Allah a fait de Ibrahim (as) le symbôle de Ses représentants sur Terre, comme cela est mentionné dans le verset concernant la création de l’humanité, " Je vais établir un représentant "Khalifa" sur la terre . [2:30]. Moussa (as) a eu l’honneur d’entendre Allah et de Lui parler, et cela représente les deux attributs essentiels de la connaissance.

"Latifat al-khafa , la Station du Secret Mystérieux, est sous la responsabilité de Sayyidina Issa. Étant donné qu’il possède la Connaissance Cachée, il représente la compréhension de la spiritualité.

" Latifat al-akhfa , la Station du Secret Très Mystérieux, est représentée par la Réalité de Sayyidina Mouhammad , car il a reçu un niveau encore plus élevé que celui de tous les autres Prophètes et Envoyés. C’est celui qui a été élevé lors de la Nuit de l’Ascension, vers la Présence Divine. Cette station est représentée par la Kalima (La Parole), car il n’y a pas la ilaha illallah sans Mouhammadoun Rassouloullah .

"Les lumières colorées de ces stations m’ont été dévoilées. La lumière du Coeur est jaune, celle du Secret est rouge, celle du Secret du Secret est blanche; celle du Secret Mystérieux est verte et enfin celle du Secret Très Mystérieux est noir."

"Ces Cinq stations constituent les Neuf Points, lesquels représentent le lieu où le cœur de tout être humain reçoit la Révélation et l’Inspiration de la Présence Divine. Ces Neuf Points se trouvent sur la poitrine de chaque personne et ils représentent neuf différents états cachés de tout être humain. Chaque point est connecté à un saint, lequel a le pouvoir de contrôler ce point.

"Si un chercheur sur la Voie Naqshbandi parvient à lever un voile et à se connecter spirituellement au maître autorisé à contrôler ces points, il pourrait alors recevoir la connaissance de ces neuf points ainsi que le pouvoir de les utiliser.

"On peut seulement mentionner de façon générale les conditions dans lesquelles ces neuf points ou états sont dévoilés. Le premier état représente le pouvoir d’emprisonner l’égo. La clé pour accéder au deuxième état est le Dhikr de la ilaha illallah . Le troisième état est le fait d’admettre que le nom d’Allah est gravé dans le cœur ( naqsh ). Le quatrième état consiste à appréhender le sens que cela représente. Le cinquième état est le fait d’exprimer dans le dhikr l’idée que le nom d’Allah est gravé dans le coeur. Le sixième état consiste non pas à arrêter de respirer selon sa volonté mais plutôt de respirer quand on veut. Le septième état est le fait d’être conscient du nombre de fois qu’on arrête de respirer et du nombre de fois qu’on se remet à respirer.

"Le huitième état est celui où on prononce la phrase Mouhammadoun Rassouloullah entre chaque battement du cœur et à chaque fois qu’on se remet à respirer. Le neuvième état est le retour dans notre propre Caverne, comme Allah l’a mentionné dans la Sourate al-Kahf, " Et quand vous vous serez séparés d'eux et de ce qu'ils adorent en dehors de Dieu, réfugiez-vous donc dans la caverne : votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous… " [18:16].

"La Caverne représente la Présence Divine dans laquelle s’accomplit la prière très chère au Prophète qui est: 'Ô Seigneur, Vous êtes mon seul but et Votre Satisfaction est mon seul désir.' Le cœur, tout comme les cycles entre les battements du coeur et ses arrêts, a une réalité dans l’Essence de la Présence Divine. Comme cette Essence Divine est la source de chaque être vivant, ce coeur sera en totale harmonie avec la moindre création de l’univers. Le cœur qui a accédé aux secrets des neuf points sera capable de voir chaque chose, d’entendre chaque chose, de connaître chaque chose, de goûter chaque chose et de sentir chaque chose, « jusqu’à ce que son Seigneur soit la vision par laquelle il voit, l’ouïe par laquelle il entend, la main par laquelle il se saisit des choses et le pied par lequel il marche. » Il sera Seigneurial et il lui suffira de dire à une chose : « Soit ! » et elle sera.'"

La Volonté de Cheikh Sharafouddin

Vers la fin de sa vie, Cheikh Sharafouddin rédigea son testament et le remit à Cheikh `Abdoullah. À cette époque, il prédit ce qui suit, "Après mon décès, tu auras la permission de quitter la Turquie. Tu devras saisir cette opportunité lorsqu’elle se présentera car ton devoir ne se limite pas ici, mais dépasse les frontières de la Turquie."

Cheikh `Abdoullah (q) et son épouse Halima ont eu deux filles. L’ainée s’appelait Rabi`a et la plus jeune s’appelait Madiha. Leurs Neuf autres enfants n’ont pas survécu. Lorsque le Cheikh de Cheikh `Abdoullah décèda, une délégation du Roi Farouq d’Égypte vint présenter les condoléances du Roi car Cheikh Sharafouddin (q) avait de nombreux disciples en Égypte. Quand un des princes qui était venu avec la délégation aperçu Madiha, la fille de Cheikh`Abdoullah (q), il fut immédiatement attiré par elle et la demanda en mariage.

Cheikh `Abdoullah réalisa que l’opportunité de quitter la Turquie se présentait comme son Cheikh l’avait prédit. Il accepta la demande du Prince et avec l’accord de sa fille, le mariage fut célébré rapidement. Un peu plus tard, il reçut une invitation de son gendre de venir en Égypte.

"Je me rendais en Égypte et demeurais avec ma fille. La relation entre elle et son mari n’était pas bonne et peu après, leur union prit fin et ils divorcèrent. Alors, je suivis le conseil de mon Cheikh et je saisis cette occasion pour partir. J’embarquais sur un navire avec mon épouse et mes filles à Alexandrie et me dirigeais vers la ville de Lattaquie. De Lattaquie, je me rendis à Alep où j’arrivais avec seulement dix piastres dans ma poche [environ 10 sous] et sans autres biens matériels. Je me rendais à la mosquée avec mes flles et mon épouse afin de prier Maghrib. C’est alors qu’un homme s’approcha de moi et me dit, 'Ô mon Cheikh, acceptez d’être mon invité, s’il vous plaît.' Il m’emmena avec ma famille et nous hébérgea. C’est un des miracles de mon Cheikh, un miracle qui nous a permis de quitter l’Égypte pour Alep, où Allah nous a ouvert une porte."

Cheikh`Abdoullah resta un moment à Alep où les gens étaient honorés par sa présence. Des savants venaient s’assoir en sa compagnie, l’écoutaient et ils étaient fascinés par ses discours et son savoir. Ils l’appelaient le Revivificateur de la Religion.

Il déménagea à Homs (Émèse) où il visita la mosquée et la tombe de Khalid ibn al-Walid (r), un Compagnon du Prophète . Il resta brièvement à Homs avant de s’installer à Damas, dans le quartier de Midan, près de la tombe de Sa`d ad-Din Jibawi, un saint de la famille du Prophète . Il établit la première zawiya de l’Ordre Naqshbandi qui s’était étendu jusqu’au Daghestan. Grâce à lui, la Chaîne d’Or de l’Ordre Naqshbandi qui était partie de Damas vers l’Inde, Baghdad, et vers le Daghestan, retournait alors à Damas.

Ses deux filles se marièrent, Rabiha eut quatre enfants, trois filles et un garçon. Madiha se maria à Cheikh Tawfiq al-Hibri, un des plus grands savants de l’Islam au Liban.

Les gens commencèrent rapidement à affluer dans la zawiya. Ils venaient de partout: des Sufis, des membres du gouvernement, des hommes d’affaires et des gens ordinaires. Les disciples venaient et s’asseyaient devant la porte de sa khaniqah. On offrait quotidiennement des repas à des centaines de personnes dont la plupart dormaient aussi à la khaniqah.

Il reçut alors l’ordre spirituel de déménager vers le Mont Qasyoun. C’est le plus haut sommet de Damas, d’où on peut apercevoir toute la ville. Avec l’aide de ses deux grands mourids, Cheikh Mouhammad Nazim `Adil et Cheikh Hussein `Ali, il construit une maison. Cette maison et la mosquée qui se trouve à proximité sont toujours solides et son maqam (tombe) se trouve dans cette mosquée. Tandis qu’il construisait la mosquée, il eut une vision dans laquelle il pu voir le Prophète , avec Shah Naqshband et Sayyidina Ahmad al-Farouqi (r), venir et placer des piliers qui désignaient l’emplacement des murs de la mosquée. À la fin de la vision, les empreintes de ces piliers étaient visibles et toutes les personnes présentes pouvaient les voir. Durant des années, des centaines de millions de visiteurs étaient acceuillis à cette mosquée afin de recevoir des soins, entendre des prières, suivre un entraînement spirituel ou recevoir tout sorte de connaissance externe et interne.

Il a effectué à plusieurs reprises des retraites spirituelles sous l’ordre du Prophète . La durée de ces retraites variait et elles pouvaient s’étendre sur une période de 40 jours ou une année. Dans sa vie, il a accomplit plus de vingt retraites. Il a effectué certaines retraites à Damas, d’autres en Jordanie, d’autres à Baghdad, à la tombe de Sayyidina `Abdoul Qadir Jilani (r), et de nombreuses retraites ont été acomplies à Médine. Après chaque retraite, son pouvoir spirituel et son rang étaient élevés.

Un jour, il fit transmettre un message, par le biais de Mawlana Cheikh Nazim (q), à Sharif `Abdoullah, qui était le Roi de la Jordanie et un des ces mourides, lui disant, "Ne vas pas à la prière du Vendredi car une vision m’est apparue dans laquelle tu allais être assassiné." Ce message fut transmis à Sharif `Abdoullah, mais il ne tint pas compte de cet avertissement. Il fut assassiné vendredi, la semaine suivante alors qu’il quittait la mosquée après la prière.

Des années plus tard, notre cousin se retrouva par hasard au milieu d’un échange de tirs à Beirut et on dû l’emmener d’urgence à l’hôpital, pour se faire opérer. Nous étions très inquiets lorsque nous partîmes voir Grandcheikh. Dès que nous entrâmes et avant même qu’on ne dise quoi que ce soit, il nous dit, "Rentrez! Il était écrit qu’il devait mourir, mais grâce à mes prières il vivra. L’opération se passera bien." À notre retour, nous apprîmes que notre cousin était dans le coma et qu’on allait l’opérer. Nous rapportâmes à sa mère les paroles de Grandcheikh afin de lui donner de l’espoir. Le jour suivant, notre cousin reprit conscience.

Notre cousin nous a dit, "J’ai vu Grandcheikh venir vers moi et m’opérer, c’est cela qui m’a sauvé la vie."

Cheikh `Abdoullah (q) parlait souvent des évenements à venir (qada') et il a dit,

"Il existe deux types de destinée. La première sorte de destinée est celle qu’on nomme qada'an mucallaq, ce qui veut dire qu’elle n’est pas définitive, qu’elle peut donc changer. Elle est inscrite sur les lawh al-mahfudh (les Tables Préservées). Cette sorte de destinée varie en fonction de la volonté et du comportement, du rapport de cause à effet. Tous les saints sont capables de changer ce type de destinée et d’agir sur celle-ci. Ils agissent de cette manière afin de former leurs mourides et d’améliorer leurs actions et leur comportement. La permission de changer la destinée des disciples est accordée aux Cheikhs parce que les disciples sont liés entre eux par la Volonté d’Allah.

"Le deuxième type de destinée est inscrit dans Umm al-Kitab, la Mère du Livre Révélé, comme il est mentionné dans le verset suivant: Yamhoullahou ma yasha'u wa yuthbit, wa indahou Oumm oul-kitab [13:39] ("Allah efface ou confirme ce qu'Il veut et l’Écriture primordiale est auprès de Lui . "), et cette destinée est appelée qada'an moubram, la Destinée Fixe. Les Saints n’interviennent jamais car cette destinée se trouve dans les Mains du Créateur.

"Allah a donné l’autorisation de changer la Destinée Fixe uniquement à neuf saints qui ont un niveau très élevé dans la Présence Divine. La permission d’intervenir leur vient du Prophète qui est le premier à recevoir ce pouvoir d’ Allah. Ils contrôlent les Neuf Points de la conscience humaine lesquels sont liés en fait aux différentes étapes que tout individu franchit dans son Ascension vers la Présence Divine. Allah a donné la permission à ces Neuf Saints, dont le nombre n’a pas changé depuis le temps du Prophète jusqu’à aujourd’hui, de faire le Sultan adh-dhikr, le Plus Grand Rappel à Dieu.

"Chacun sait que le Dhikr est, à priori, la repétition de la ilaha illallah, et c’est ce Dhikr qui est effectué dans toutes les tariqats, y compris la tariqat Naqshbandiyya. Cependant, le Sultan adh-dhikr est un Dhikr totalement différent.

"Allah dit, Inna nahnu nazzalna-dh-dhikra wa inna lahu la-hafidhun [15:9], "C’est nous qui avons fais descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien." Le Dhikr dont il est question ici est le Saint Coran. Le Dhikr effectué par ces neuf saints, mis à part celui de la ilaha illallah, est en fait la récitation du Secret du Saint Coran. Ils récitent le Coran, non pas comme nous nous le faisons, c’est à dire en lisant du début à la fin. Ils le récitent en ayant conscience de tous ses secrets et ses réalités cachées car Allah dit, wa la ratbin wa la yabisin illa fa kitabin mubeen [6:59] " rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un Livre explicite ." En effet, il n’existe pas une seule création de Dieu dans tous les univers créés qui n’ait été déjà mentionnée avec tous ses secrets, dans le Livre Explicite, le Coran.

"Lorsque le saint récite le Coran en faisant le Sultan adh-Dhikr, il le récite en incluant dès lors les secrets de chaque création, du début à la fin. Allah a inclus douze mille connaissances dans chaque lettre du Coran en fonction des Neuf Plus Grands Maîtres de l’Ordre Naqshbandi [C’était la première fois que le Cheikh révélait ce secret]. Le Coran contient environ 600 000 lettres. Donc, à partir de chaque lettre, ces saints sont capables d’acceder à douze mille connaissances !

"Chacun de ses neuf saints se distinguent par leur niveau spirituel. On a l’exemple d’un saint qui est parvenu, une fois dans sa vie, à faire le Sultan adh-Dhikr lequel consiste à saisir 12 000 sens contenus dans chaque lettre du Coran. En revanche, un autre a réussit à appréhender ces

12 000 sens trois fois dans sa vie, un autre l’a fait neuf fois tandis qu’un autre l’a fait 99 fois.

"Ainsi, le secret diffère d’un saint à l’autre. Shah Naqshband (q) a réussit à saisir 12 000 sens de chaque lettre du Coran 999 fois dans sa vie. Notre Maître Ahmad al-Faraqi l’a fait 9 999 fois et Cheikh Sharafouddin était capable de le faire 19 999 fois."

À cet instant, Cheikh`Abdoullah s’arrêta de parler. Cheikh Nazim a dit, "Lorsque Grandcheikh `Abdoullah Daghestani effectuait le Sultan adh-Dhikr, au moment où il inspirait et expirait, il relâchait deux fois le secret du Coran dans chaque souffle."

La Rencontre avec John Bennett

Parmis les nombreux visiteurs et les chercheurs qui venaient voir Grandcheikh, il y avait l’Anglais John G. Bennett. Il évoque dans la plupart de ses ouvrages ses rencontres avec Cheikh `Abdoullah. Ce qui suit est une compilation des choses qu’il a evoqué dans ses deux livres Concerning Souboud et Witness .

Dans Concerning Souboud, Bennett écrit: "Cheikh Abdoullah est un véritable saint en compagnie duquel on se sent tout de suite en confiance totale." Il évoque de façon plus détaillée leur rencontre dans son livre intitué Witness, dont voici l’extrait:

"Le Cheikh m’attendait sur le toit de sa maison. Le toit dominait toute la ville et offrait un panorama superbe. Je me senti tout de suite à l’aise et je ressenti un bonheur intense qui semblait se diffusait partout. Je savais que j’étais dans la présence d’un homme bon.

"Après avoir échangé les salutations traditionnelles et reçu des compliments sur mon turc, je fus étonné lorsqu’il me dit: 'Pourquoi n’es-tu pas venu avec la dame qui est avec toi? J’ai un message aussi pour elle.' C’était impossible que quelqu’un lui ait parlé d’Elizabeth car nous nous étions dirigés directement vers sa maison et le Dadji, mon guide, m’avait accompagné jusqu’à la porte et était reparti sans parler à personne. Je lui répondais que comme il était musulman, je ne pensais pas qu’il souhaiterait parler à une femme. Il répondit simplement en disant: 'Pourquoi pas? Les règles et les coutumes sont une protection pour celui qui est stupide; elles ne me concernent pas. La prochaine fois que tu passes par Damas, l’emmeneras-tu ?' Je lui promettais de venir avec elle dès que l’occasion se présenterait.

"Nous restâmes assis pendant un long moment en silence, regardant la vieille ville. Lorsqu’il commença à parler, j’eus de la difficulté à sortir de la rêverie dans laquelle j’avais plongé. Il dit: 'J’attendais quelqu’un aujourd’hui, mais je ne savais pas que ce serait toi. Ces derniers jours, durant la nuit, un ange est venu dans ma chambre et m’a dit dit que tu allais venir me rendre visite et que j’allais te donner trois messages. Tu as demandé à Dieu de guider ton épouse. Sache qu’elle est dans les mains de Dieu. Tu as essayé de l’aider, mais ce n’était pas approprié car tu interviens dans le travail que Dieu accomplit sur son âme. Il n’y a pas de raison de s’inquiéter à son sujet et ce serait inutile d’essayer de comprendre. Le deuxième message concerne ta maison. Tu as demandé à Dieu de te conseiller dans tes choix, à savoir si tu dois suivre ton propre chemin ou suivre les autres. Tu dois avoir confiance en toi. Tu seras persecuté par les Armeniens, mais tu ne dois pas avoir peur. Il faut que tu attires le plus de gens vers toi même si cela met d’autres personnes en colère.'

"Ce fût le silence à nouveau. J’était étonné d’entendre les deux messages, d’autant plus que j’avais effectivement demandé de l’aide sur ces deux choses....

"'Le dernier message est celui qui est le plus important. Il faut que tu saches qu’il y a une grande ignorance dans le monde. Les gens se livrent corps et âme dans l’adoration des biens matériels et ils ont perdu le désir et la force d’adorer Dieu. Dieu a toujours envoyé des Messagers afin de montrer le droit chemin et on le constate également de nos jours. En effet, un Messager se trouve déjà sur terre et il est connu par de nombreuses personnes. Il viendra bientôt en Occident et des hommes ont été choisis afin de préparer son avènement. Il m’a été révélé que tu faisais partie de ces hommes-là. Le Messager viendra dans ton pays et même dans ta maison.

"'N’arrête jamais de rendre gloire à Dieu. Seulement, il faut que tu ne le montres pas. En public, comporte-toi comme les autres. Dieu a désigné deux anges dont le rôle est de veiller sur toi. Il y en a un qui va te guider afin que tu ne fasses pas d’erreur comme dans le passé tandis que l’autre accomplira les exercices spirituels que tu ne peux effectuer toi-même.

"'Je te conseille de repéter dans ton coeur les mots suivants, La ilaha il Allah, ce qui signifie: soumission totale à Dieu uniquement.' Lorsque j’observais qu’il s’agissait-là de la profession de foi en Islam, il me répondit que cela s’appliquait autant pour les Chrétiens que pour les Musulmans car la base de toute religion consiste à se soumettre à la volonté de Dieu et non pas à notre propre volonté

Son départ vers l’au-delà

Nous avons été témoins d’évènements grandioses avec notre Grandcheikh. Sa vie était un exemple parfait dont on a tiré bénéfice. Il souriait toujours et n’était jamais en colère. Bien qu’il n’ait pas de revenus, la nourriture était abondante dans sa maison. D’où lui venait ce soutien matériel ? Telle était la question qui était présente dans tous les esprits. Des gens venaient sans prévenir et leur nombre atteignait parfois 200. Quand ils arrivaient, ils trouvaient malgré tout un repas déjà prêt à leur intention. Nous nous demandions toujours d’où venaient ce riz, ce pain et cette viande."

Je l’ai rarement vu dormir la nuit. Durant la journée, il était toujours occupé à accueillir les gens et la nuit, il était souvent dans sa chambre entrain de lire le Coran, lire le Dala'il al-Khayrat, faire son dhikr ou faire des prières à l’intention du Prophète . Il avait l’habitude de prier de minuit jusqu’à l’aube. Il aidait les nécessiteux comme il pouvait et invitait les sans abris à venir dormir à la mosquée. Il était au service de l’humanité. On ne peut trouver les mots pour décrire ses bonnes manières et son caractère noble.

Un jour, en 1973, il déclara, "Le Prophète me rappelle à lui. Je dois aller le voir. Il m’a dit, 'Tu ne peux venir avant d’avoir subi une opération de ton oeil,'" faisant référence à la faible vue de son œil gauche. Grandcheikh nous indiquait qu’il allait mourir, mais nous n’étions pas capables de l’accepter. Il vivait dans nos cœurs, dans tous ceux qui le connaissaient et même dans les chats qui étaient toujours autour de lui.

Après son opération de l’oeil, il arrêta de manger. Nous le suppliâmes de manger, mais il refusa en disant, 'J’effectue une retraite spirituelle car le Prophète m’appelle à lui.' Il n’acceptait que du pain sec trempé dans de l’eau, et cela, une fois par jour. Il dit, 'Je ne désire plus vivre encore longtemps, je veux rejoindre mon Prophète et être avec lui. Il m’appelle, Allah m’appelle.' Cela nous transperça telle une foudre et nous n’arrivions toujours pas à le croire. Il rédigea alors son testament et déclara, 'Je vais mourir dimanche prochain.' C’était le 30 Septembre 1973 CE, le 4 du mois de Ramadan, 1393 H. Tout le monde était anxieux et attendait de voir ce qui allait se passer ce jour.

C’était dimanche, il était dix heures et nous étions rassemblés dans sa chambre. Il me dit, "prend mon pouls." Je sentis son pouls et son battement dépassait 150. Il dit alors, "Ô mon fils, voilà les derniers instants de ma vie. Je ne veux personne dans cette pièce. Tout le monde doit partir et allait dans la grande salle de réunion." On était que dix dans la chambre. C’est à ce moment-là que deux docteurs entèrent: l’un était mon frère et l’autre un ami. Les deux étaient chirurgiens Grandcheikh ne permit à personne d’autre excepté la famille de rester dans la chambre.

Nous entendîmes alors sa fille pleurer, "Mon père est mort, mon père est mort." On couru tous vers la chambre et on vit que Grandcheikh ne bougeait plus. Mon frère prit rapidement son pouls et sa tension, mais il ne pouvait pas les détecter. Il courut, affolé, vers la voiture chercher de quoi lui faire une injection. Il revint, toujours dans le même état d’affolement, s’appretant à faire une inject
Par: Sh. Hisham Kabbani

 
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:: The blanket gone, the quarrel is over. ::

It was about midnight when the Hodja heard a frightful row going on just beneath his window. he loved watching a fight and wasn't going to miss such an opportunity. As the weather was rather cold, he threw a blanket round his shoulders and run out into the street.
There, a couple of hooligans were yelling and violently pushing each other about. But when the Hodja approached, better to watch the fight, as well as to find out the reason for it, both rascals threw themselves on him, snatched his blanket away and disappeared into the darkness.
Pursuing being out of the question, there was nothing left to do for the Hodja but to go back to bed, perplexed and blanketless.
-Well, what was the fight about? asked his wife.
-It appears to have been about our blanket, replied the Hodja, The blanket gone, the quarrel is over.
:: Nasreddin Hodja ::
 
 
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